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Immigration | 18/09/2018
Hébergement citoyen des réfugiés : bilan positif pour l’expérimentation
par Christelle Destombes
maison hébergement accueil © Sewcream-AdobeStock

Le 5 juin dernier, lors du comité interministériel à l’intégration réuni par le Premier ministre, la mobilisation de la société civile a été reconnue comme un axe pour intégrer les étrangers qui arrivent légalement en France. Un signe positif pour la Dihal qui dévoilait le 13 septembre le bilan d’un an d’expérimentation des "dispositifs d’hébergement de réfugiés chez les particuliers". Au bout d’un an, 80 % des personnes ont accédé à une solution de logement autonome ou accompagné.

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Le dispositif d’hébergement de réfugiés chez les particuliers est ouvert aux bénéficiaires de la protection internationale de plus de 18 ans. Il offre une cohabitation de trois mois à un an chez des particuliers.

Les associations organisent la mise en relation entre les ménages et les réfugié volontaires, encadrent les cohabitations et assurent la médiation en cas de conflits, assurent l’accompagnement global du réfugié (apprentissage de la langue, insertion, préparation de la sortie vers le logement).

Reconnaître le citoyen comme acteur de l’action publique

Suite à un appel à projets initié par le ministère du Logement et piloté par la Dihal, douze associations ont été sélectionnées pour encadrer l’accompagnement de près de 500 personnes chez des particuliers (1), dans 40 départements.

Au bout d’un an, 80 % des personnes ont accédé à une solution de logement autonome ou accompagné à la sortie du dispositif, 55 % à un emploi, une formation professionnelle ou un cursus universitaire. 66 % ont acquis un niveau de français supérieur au niveau A1.1 (niveau minimal).

Virginie Guérin-Robinet, directrice du pôle Migrant de la Dihal, estime que « ce dispositif riche porte ses fruits en matière d’intégration, d’apprentissage des codes culturels et de la langue, crée un lien qui permet de changer le regard sur les réfugiés, tout en reconnaissant le citoyen comme un acteur de l’action publique ».

La nécessité d’un accompagnement social

Vincent Berne, responsable du dispositif d’accueil de Singa, a insisté sur l’accompagnement social, grâce aux partenariats sur les territoires (2) du programme Calm (Comme à la maison).

« Les accueillants sont sans expertise, mais se trouvent parfois obligés d’aider aux démarches administratives, or cela nuit à la qualité de la relation. Les partenariats ont permis d’alléger la cohabitation. » L’accompagnement est global, de l’inscription à la sortie du dispositif : Singa met accueillis et accueillants en relation à partir de centres d’intérêt commun, organise une rencontre pour vérifier la possibilité d’une cohabitation. Par la suite, des contacts réguliers ont lieu par téléphone, mail ou de visu pendant toute la cohabitation.

Daniel Schrumpf, accueillant, témoigne : « L’association débloque les craintes et permet la confiance. Après, c’est chacun son rôle : à nous l’accueil et la découverte culturelle, à Singa, l’accompagnement social et professionnel ».

La phase amont est cruciale

Même chose du côté du programme Élan du Samu social, qui innove en s’appuyant sur la mobilisation citoyenne. Nadège Letellier, responsable du programme, explique que, pour « décharger les personnes de l’accompagnement social », elle a recruté une équipe pluridisciplinaire : deux travailleurs sociaux, deux psychologues, une conseillère d’insertion professionnelle.

Élan propose un an d’accompagnement pour permettre aux personnes « de retrouver le désir de se projeter », une période limitée également pour maintenir la mobilisation de chacun.

Pour Nadège Letellier, la phase amont est cruciale, « pour bien définir les limites d’un projet de cohabitation, d’un côté comme de l’autre ». La contractualisation fixe les règles de la vie commune ; ensuite, chaque réfugié dispose d’un référent social, chaque foyer peut mobiliser un psychologue à tout instant.

Ils relèvent du droit commun

Cet accompagnement psy a été ajouté aux projets menés à Tours par Entraide et Solidarité pour gérer les décompensations de personnes qui ont subi l’exil et des parcours migratoires compliqués.

Selon Thierry Gheeraert, responsable du pôle social et médical, l’accompagnement social de ces publics est simple : « ils relèvent du droit commun, sont loin de notre public habituel – la grande exclusion –, ils ont peu d’addictions et sont extrêmement volontaires. »

Ce dispositif devrait être pérennisé en 2019.

Note (01)

Apremis, Association Entraide ouvrière, Fédération de l’entraide protestante, Forum Réfugiés Cosi-Singa Lyon-le Mas, Association Arile, Les Associations du centre de Kerfleau, Association la Pierre blanche, Samusocial de Paris, Solidarité Pyrénées, Singa-Groupe SOS, Singa-la Sauvegarde du Nord, Quatorze. - Retourner au texte

Note (02)

La Sauvegarde du Nord à Lille, le Groupe SOS à Paris, Forum réfugiés-le Mas à Lyon - Retourner au texte

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