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[Entretien] Social | 25/09/2018

« Nous allons travailler à la production d’une action publique sobre et de qualité » – Jean-Paul Raymond, président de l’Andass

par Laure Martin
Jean-Paul-Raymond - président Andass © Ville de Paris

Les 30es journées de l’ANDASS se tiennent à Toulouse du 26 au 28 septembre sur le thème "L’humain au cœur des solidarités : connectons les territoires". Jean-Paul Raymond, nouveau président de l'ANDASS explique comment l’Association des directeurs d’action sociale et de santé des départements veut contribuer à la réflexion sur le grand âge, la lutte contre la pauvreté, le numérique, sans oublier le nouveau contexte institutionnel issu des lois Notre et Maptam.

Vous succédez à Roland Giraud à la tête de l’Andass. Quelles vont être vos priorités ?

Roland Giraud a donné une forte impulsion pendant ses cinq années de mandat : la formalisation écrite de notre expertise sur des enjeux nationaux forts comme le revenu de solidarité active (RSA), la protection de l’enfance, l’investissement social. Je vais m’inscrire dans cette continuité. Il est important qu’une association comme la nôtre apporte son éclairage, alerte les élus et les décideurs, par ses compétences techniques. Nous voulons aussi travailler sur la production d’une action publique sobre et de qualité.

Aujourd’hui, de nombreux questionnements sur le mécanisme institutionnel autour de l’action sociale se posent et peu de solutions émergentes vont dans le sens d’une simplification. Cette question va traverser le mandat. Nous devons être porteurs de méthodologie. Comment faire simple ? Qui est le plus compétent pour telle ou telle action ? Comment ne pas exclure ? Comment permettre le maintien des droits ? Nous avons des difficultés en France à trouver le bon ajustement.

À l’Andass, nous sommes convaincus que nous pouvons mieux faire du social.

Quelle place attribuer aux départements par rapport à la montée de l’intercommunalité ?

L’intercommunalité recouvre des réalités très différentes en fonction de sa dimension. La place et les relations avec le département ne peuvent donc pas être les mêmes. Sur un terrain rural, le département détient une place centrale en tant que régulateur des inégalités sociales et territoriales. Dans une métropole, les enjeux sont différents.

La France n’est pas encore complètement mûre dans la montée en charge des compétences sociales au niveau des intercommunalités. Nous n’avons pas encore tranché sur le meilleur échelon.

Il faut parvenir à se projeter dans une France au sein de laquelle il pourrait y avoir des délégations de compétences car la diversité est telle que les modèles doivent être différents. Mais ils doivent aussi être lisibles afin que la population sache qui gère quoi, de même que le niveau d’égalité et d’équité dans l’accès aux droits doit être similaire.

Quel rôle va jouer la transition numérique pour une meilleure prise en compte des besoins de la population ?

Le numérique est un enjeu majeur car il s’impose partout, dans toute la vie sociale. Nos sondages nous ont surpris par le taux d’équipement de certains foyers mais d’autres sont loin du compte. Or, derrière cet équipement, se pose la question de l’accès et du maintien aux droits.

Les professionnels doivent être connectés, les usagers aussi. Nous devons permettre aux populations les plus éloignées de ne pas perdre leurs droits. Le numérique doit être un outil de facilitation et doit faire gagner en proximité. Ce n’est pas un substitut relationnel.

Mais cela demande un investissement fort, pensé pour et avec les usagers.

Que pensez-vous mettre en œuvre pour une meilleure reconnaissance des travailleurs sociaux ?

Nous voulons, là aussi, travailler sur la simplification des procédures. Nous devons parvenir à ce que les travailleurs sociaux puissent se concentrer sur leur cœur de métier à savoir l’accompagnement individuel des bénéficiaires.

Actuellement, nous sommes encore trop dans une logique administrative, de guichet et de gestion des urgences.

Jean-Paul Raymond est directeur de l’action sociale, de l’enfance et de la santé de la ville de Paris depuis 2014. Il a succédé, le 16 juin 2018, à Roland Giraud, à la présidence de l’Andass. Administrateur territorial, il a été DGA du conseil général (CG) de l’Essonne chargé des solidarités (2008-2014), directeur des politiques sociales du CG du Loiret (2003-2006), DGA développement social et projets urbains du Val Fourré (Yvelines), et directeur des services sociaux puis du CCAS de Versailles (1991-2000).

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