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[Vu d'ailleurs] Handicap | 08/10/2018
Au Danemark, l’inclusion des handicapés est entrée dans les mœurs
par Auteur Associé
inclusion handicap © Firma-V-AdobeStock

Depuis le début des années 2000, le Danemark a fait de l’inclusion des personnes handicapées dans la société une priorité nationale. Éducation, santé, logement, accessibilité à l’emploi et à la vie sociale…, à tout âge de la vie, le handicap doit donc être pris en compte.

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Handicap : la démarche "Une réponse accompagnée pour tous" questionne les pratiques

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Par Jean-Marie Pichavant, responsable du Pôle autonomie santé, Groupe Enéis

En ratifiant la déclaration de ­Salamanque en 2006, le ­Danemark prend la mesure de l’intégration des enfants en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire. L’objectif est ambitieux : scolariser 96 % des enfants handicapés en milieu ordinaire jusqu’en 2015.

Pour ce faire, les enfants, quel que soit leur handicap, sont intégrés dans des classes classiques, suivent une partie des enseignements et bénéficient également des soins ou des actes de rééducation directement sur le site de l’école.

La logique repose sur l’adaptation du système aux enfants en situation de handicap, et non le contraire.

Scolarisation en milieu ordinaire

À la fin de l’année scolaire 2014-2015, 95,2 % des élèves handicapés sont scolarisés en milieu ordinaire. Si le Danemark a quasiment rempli son objectif, plusieurs études mettent en avant des points d’amélioration.

Ainsi, une enquête effectuée au printemps 2016 auprès de 650 familles montre un certain scepticisme de la part des parents quant au niveau d’individualisation de l’accompagnement proposé à leurs enfants.

Sont à titre d’exemple pointées du doigt, l’adaptation et l’organisation des espaces. Cela ne concerne pas seulement leur accessibilité mais également leur organisation pour répondre aux besoins spécifiques des personnes en situation de handicap : petits groupes, calme et temps de silence. Autre point soulevé : le manque de connaissance du handicap de la part des enseignants.

École pilote

À Copenhague, l’école primaire ­d’Øster Farimagsgade est devenue centre de ressources et de compétences afin d’aider les autres écoles à adopter et faire vivre le processus d’inclusion par la scolarisation. Cette école compte 8 à 10 % d’élèves handicapés de 6 à 15 ans aux troubles divers (autisme, hyperactivité, troubles du comportement…).

Le système s’appuie sur la complémentarité entre des profils d’enseignants et de spécialistes de la pédagogie et la proximité de l’encadrement avec un enseignant pour dix élèves environ (ration ­enseignant-élève : 1 pour 10,7). Le centre de ressources permet aussi de créer des formations et stages à destination des professeurs encore peu habitués aux troubles présents chez leurs élèves.

Jusqu’à la formation professionnelle

L’inclusion des personnes en situation de handicap se mesure aussi par rapport à leur présence sur le marché du travail. Le centre d’éducation technique de Copenhague (TEC) est un centre de formation professionnelle de haut niveau (mécanique, électricité, serrurier, transport…) qui accueille des jeunes en situation de handicap et module leurs enseignements afin de les insérer à leur rythme sur le marché du travail.

Au lieu de mettre en place une obligation d’emploi des travailleurs handicapés, le Danemark incite les entreprises à les embaucher. L’État finance les services d’assistance personnelle pour trouver un emploi, ainsi que l’adaptation du poste de travail le cas échéant. S’il n’existe pas de quotas pour les entreprises, il y a une priorité d’emploi dans le secteur public à qualification égale. Une incitation qui semble favoriser un accueil pérenne et de qualité.

© Groupe EneisCyrille Billaud, directeur associé du Groupe Enéis Conseil

« Les Danois ont su construire un système inclusif sur lequel la France peut s’appuyer »

En dix ans, les objectifs en matière d’inclusion scolaire ont été quasiment atteints. Les Danois ont su construire un système inclusif sur lequel la France peut s’appuyer pour rattraper son retard. Il est d’ailleurs assez étonnant de constater qu’en démarrant en 2006, les Danois aient pu obtenir de tels résultats alors qu’un an auparavant, la France adoptait la loi du 11 février 2005 et son ambitieux volet d’inclusion scolaire. Sans toutefois l’ériger en modèle absolu, je vois dans le système danois deux principaux atouts dont nous devrions nous inspirer. Tout d’abord, la présence systématique des professionnels médico-sociaux des structures spécialisées sur le lieu de l’école, leur présence facilitée en classe le cas échéant et leur participation à l’équipe éducative simplifiée par la proximité géographique. Ensuite, la nécessaire gradation des niveaux d’accompagnement scolaire sur un territoire pour répondre aux besoins d’individualisation de l’enseignement, dans une logique de territoire inclusif.


Chiffres Clés

  • Population : 5,6 millions (2018).
  • PIB par habitant : 49 021 $US (OCDE, 2016).
  • Indice de développement humain : 0,92 (2014).
  • Espérance de vie à la naissance : 80,8 (OCDE, 2015).
  • Taux de fécondité : 1,8 enfant par femme (OCDE, 2016).
  • Mortalité infantile : 3,7 morts/1000 naissances vivantes (OCDE, 2015).
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  1. Je suis entrain de vivre un cochemar acause du médecin du recours de la MDPH concernant le recours du dossier de renouvellement pour ma fille qui est reconnue handicapée à un taux incapacité à 79% Et reconnue par les hôpitaux reconnue malade handicapé et inapte au travail un lourd handicape et sans aucune ressources ni aide médicale ou est le droit humains et l’e respect des malades quis sont exclus de la société.

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