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Intercommunalité sociale | 29/10/2018
À Laval, une Épicerie sociale regroupe plusieurs communes
par Laure Martin
épicerie sociale © Iakov-Filimonov_AdobeStock

L’existence d’une Épicerie sociale à Laval (Mayenne) a conduit les communes environnantes à contractualiser avec le CCAS pour bénéficier du service. Celui-ci dépasse aujourd’hui l’aide alimentaire et propose une démarche d’insertion socioprofessionnelle.

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Il y a une vingtaine d’années, les élus de Laval ont souhaité organiser la distribution de l’aide alimentaire jusqu’alors effectuée par des associations locales. Les membres du CCAS les ont réunis pour leur parler du projet et trois sur cinq ont décidé d’y adhérer.

« C’est en décembre 1998 que l’Épicerie sociale a été créée. Les associations ont mis à disposition leurs bénévoles, qui sont une centaine à y travailler avec six agents de la collectivité », explique Virginie Lépine, responsable de la structure.

Aide alimentaire

Toute personne qui pense avoir besoin d’une aide alimentaire prend contact avec un référent social qui adresse la demande à l’épicerie sociale via une fiche de liaison. La commission permanente du CCAS se réunit deux fois par mois pour donner son avis en fonction du reste à vivre du foyer et des commentaires du référent social.

« Les bénéficiaires viennent au magasin et paient 10 % du montant des produits », rapporte Virginie Lépine. Et d’ajouter : « l’Épicerie sociale a aussi pour particularité de favoriser l’insertion professionnelle des bénéficiaires par des activités proposées au sein de la structure, un accompagnement éducatif et budgétaire ou encore la mise en relation avec le service emploi de l’agglomération ».

« Le bon fonctionnement de l’Épicerie sociale et la démarche d’insertion socioprofessionnelle que nous proposons aux bénéficiaires ont intéressé des communes des alentours », fait savoir Catherine Robin-Desile, directrice du CCAS de Laval.

C’est le cas de Changé, membre de l’Union départementale des CCAS en Mayenne, qui, au lieu d’instaurer son propre dispositif d’aide alimentaire, a préféré contractualiser avec le CCAS de Laval pour que ses familles dans le besoin puissent bénéficier de l’Épicerie sociale.

« Nous les accueillons comme les habitants de Laval, elles peuvent profiter de toutes les activités », rapporte Catherine Robin-Desile. Et d’ajouter : « nous avons prévenu les assistantes sociales du conseil départemental afin qu’elles orientent les familles de Changé directement vers l’Épicerie sociale ».

Accompagnement des migrants

À Parné-sur-Roc, autre commune voisine, l’aide alimentaire est suspendue l’été. « Depuis dix ans, en juillet et en août, nous prenons en charge les bénéficiaires de cette commune », indique Catherine Robin-Désile. Cela permet d’éviter une rupture du service. Le CCAS a aussi conventionné avec la direction départementale de la cohésion sociale pour l’accompagnement des migrants et des réfugiés habitant l’agglomération.

« Nous recevons une subvention et pilotons leur insertion en lien avec les bénévoles des communes environnantes. Ils peuvent aussi être orientés vers l’Épicerie sociale pour leur aide alimentaire et leur insertion », souligne Catherine Robin-Desile.

DRCaroline Chasles, vice-présidence du CCAS, adjointe à la solidarité et à la petite enfance, ville de Changé

« Nous avons cinq à dix familles qui ont besoin d’aide, cela ne nécessite pas la création d’une structure propre »

« Nous avons une population plutôt favorisée mais nous avons aussi quelques familles en situation difficile. Après avoir effectué une analyse des besoins sociaux, les assistantes sociales et les bénévoles du Secours catholique ont déploré qu’il n’y ait rien de structuré pour ces familles. Elles sont cinq à dix à avoir besoin d’aide, ce qui ne justifie pas la création d’une structure propre. Nous avons alors contractualisé avec Laval, pour qu’elles puissent bénéficier de l’Épicerie sociale, qui, en plus, offre un accompagnement social, relationnel et professionnel. La question du transport n’a jamais été évoquée comme un problème car notre commune touche Laval, et les lignes de bus sont faciles d’accès. Ce modèle répond donc entièrement à nos besoins. Nous versons une contribution mensuelle au CCAS de Laval sur le budget de celui de Changé, et j’interviens également dans la commission qui statue sur les familles pouvant bénéficier de l’aide. »


Chiffres Clés

  • Nombre de bénéficiaires : 500 foyers à l’année.
  • Budget : 63 000 euros annuel pour l’achat alimentaire et 2 500 euros annuel pour l’animation.
  • Financement : subvention globale de la ville au CCAS, subvention de l’Association nationale des épiceries solidaires (15 000 euros par an), subvention de la CAF pour les actions autour de la parentalité, subvention de la Direction départementale de la cohésion sociale, recette des ventes.
  • Horaires : tous les jours du lundi au vendredi. 4 demi-journées consacrées à la vente.
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