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Violences | 19/12/2018
Le numérique au secours des violences sexistes et sexuelles
par Brigitte Menguy
violences femme © akf-AdobeStock

Autorisé par décret du 22 novembre, le gouvernement a lancé, cinq jours plus tard, une plateforme visant à faciliter le signalement des violences sexistes et sexuelles et accompagner les victimes. Une réponse 100 % virtuelle.

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Lancée par les ministres Christophe Castaner et Nicole Belloubet et les secrétaires d’État Marlène Schiappa et Laurent Nunez, la plateforme « Signaler des violences sexistes ou sexuelles » entend accompagner les victimes dans leurs démarches.

Concrètement, la plateforme permet de dialoguer virtuellement avec un des trente-six policiers et gendarmes formés aux violences sexuelles et conjugales. Doit-on s’en réjouir ? Non, diront les sceptiques du tout numérique. Et ils auraient raison de pointer du doigt, qu’une nouvelle fois, l’État apporte une réponse numérique à un problème humain.

Une plateforme qui implique donc une écoute virtuelle, est-ce bien sérieux quand on sait que 125 personnes en France sont mortes en 2017, victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire (contre 138 en 2016 et 136 en 2015), dont 109 femmes et 16 hommes (selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur) ? Finalement, oui. Car il faut relever que cette plateforme, parce qu’elle est justement numérique, a deux atouts fondamentaux pour lutter contre les violences sexistes ou sexuelles : la disponibilité 24 h/24 et l’anonymat.

Et l’anonymat est un enjeu essentiel pour les victimes de violences. La honte, la culpabilité et surtout la peur sont autant d’obstacles à se faire connaître victime.

Toujours, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur : sur la période 2009-2017, moins de 10 % des victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein d’un ménage ont porté plainte.

Enfin, la plateforme se veut confidentielle : la victime ou le témoin d’une violence sexiste ou sexuelle n’est pas tenu de décliner auprès de la plateforme son identité. Et en cas d’urgence, un bouton de couleur permet aux victimes de se déconnecter à tout moment du tchat et d’effacer l’intégralité de la conversation.

Le numérique semble donc ici trouver tout son sens. On s’en réjouit !

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