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Ma santé 2022 | 02/01/2019
Centre-Val de Loire : les professionnels de santé jouent collectifs
par Christelle Destombes

Dans le Centre-Val de Loire, huit communautés professionnelles territoriales de santé ont conventionné avec l’agence régionale de santé. La coconstruction est le mot d’ordre et permet d’attirer de nouveaux médecins.

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Le plan Ma santé 2022 veut soigner l'hôpital

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«Notre pôle de santé pluridisciplinaire était précurseur. Quand la loi Touraine est sortie, nous avions déjà les statuts, les fiches-actions, les projets… », relève Jean-Pierre Peigné, médecin retraité et président de la CPTS Sud-Lochois. Les CPTS, nouvelle forme d’exercice coordonné des médecins de premier et de deuxième recours, sont appelées à se multiplier. En Centre-Val de Loire, la dynamique est forte, aidée par la Fédération des unions régionales des professionnels de santé (URPS). Elle a chargé une géographe d’identifier les territoires des futures communautés, à partir de l’observation des patientèles des libéraux et des hôpitaux, modélisation qui a servi de base de discussion avec l’ARS.

lnterlocuteur de terrain

« La CPTS, association loi 1901, est une personne morale. Quand l’hôpital, la région, la Sécu, une collectivité veut s’adresser à un secteur, c’est l’interlocuteur de terrain en capacité de répondre », précise le Dr Peigné. Nerf de la guerre, une coordinatrice cheffe de projet a été recrutée grâce au financement de l’ARS, sur les fonds d’intervention régionaux (50 000 euros par an pour la coordination et les projets). À mi-temps, elle contribue à la mise en place des actions décidées en CA, déployer les outils de partage, organiser les réunions, etc.

La CPTS a soumis un projet de santé à l’ARS, précisant les objectifs poursuivis. Dans le Sud-Lochois : « il s’agit aussi bien de prévention, de présenter la vaccination contre la grippe aux clubs d’aînés, d’éducation thérapeutique auprès des crèches, que d’organiser la permanence des soins ». La CPTS s’est entendue avec l’hôpital afin d’installer une maison médicale de garde les week-ends et jours fériés. Bien informés, la population, les élus ont apprécié le dispositif et « les urgences ont été soulagées de nous voir arriver ! ». La relation ville-hôpital fait aussi l’objet d’une fiche action, « la plus importante » aux yeux du Dr Peigné : la CPTS a un représentant à la commission médicale d’établissement, la réciproque est vraie depuis cette année. « Cela permet d’appréhender les difficultés de l’autre, et de trouver une solution médiane ».

Préprogrammer les hospitalisations

La coconstruction est le mot d’ordre : ainsi, un bilan standardisé de gériatrie a été élaboré avec la neurogériatre de l’hôpital et les médecins, concentre tous les examens de 9 heures à 16 heures, le compte rendu est envoyé dans les 48 heures par messagerie sécurisée et déposé sur le dossier médical personnalisé. La CPTS travaille à préprogrammer les hospitalisations qui peuvent l’être, pour éviter les brancards dans les couloirs… « Il faut que chacun fasse sa révolution. Le monde libéral va devoir s’organiser pour la prise en charge des soins non programmés et l’hôpital, partager ses compétences… », souligne le Dr Peigné. Lieu d’échange et d’appui aux confrères, la CPTS attire aujourd’hui de nouveaux médecins, quand les départements limitrophes se dépeuplent.

© ARS Centre-Val de LoireAnne Bouygard, directrice de l’ARS Centre-Val de Loire

« Les CPTS sont une chance pour les patients et les hôpitaux »

« Outre le financement, l’ARS a eu un rôle de facilitateur et de lien, en nous appuyant sur la dynamique portée par la fédération des URPS. Les CPTS sont une chance à la fois pour les patients et les hôpitaux qui ont un interlocuteur pour organiser les sorties d’hospitalisation, éviter des passages aux urgences inutiles, bien structurer les liens par messagerie sécurisée, etc. J’ai contribué à sensibiliser les hôpitaux à l’intérêt d’ouvrir leurs portes pour travailler concrètement avec les CPTS. Nous avons signé huit contrats. Les professionnels apprennent à se connaître et à échanger. C’est un premier résultat, alors qu’ils avaient une culture du travail individuel. L’organisation collective de la réponse aux soins non programmés doit permettre une baisse de l’activité aux urgences. Il n’y a pas de modèle unique ; chaque CPTS a vocation à proposer son « bon » modèle pour répondre aux besoins de la population. L’objectif de couvrir la totalité du territoire avec vingt à trente CPTS. »


Chiffres Clés

  • La CPTS du Sud-Lochois rassemble 265 professionnels de santé, 8 maisons médicales pluridisciplinaires, 1 hôpital MCO, 1 hôpital gériatrique et 7 Ehpad. Elle couvre 2 000 km2 à cheval sur deux départements.
  • Une négociation conventionnelle « CPTS » précisera le cadre de leur financement futur.  Le plan Ma santé 2002 en espère 200 dès 2019, 1000 en 2022.

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  1. Contrairement à ce qui est affirmé dès les premiers mots de la présentation de ce dossier, les ordonnances de 1958 n’ont pas créé les hôpitaux publics. Les Hôpitaux sont publics depuis la Révolution Française.
    Les ordonnances de 1958 ont créé les Centres Hospitaliers Universitaires(CHU)* et même si les CHU constituent les piliers du Service Public Hospitalier, ils ne sont qu’au nombre de 30 alors qu’il y a environ 1000 hôpitaux publics.

    * Dans le Guide des sigles vous retenez celui de CHRU (Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires) or cette appellation est fausse. Les Centres Hospitaliers Universitaires sont constitués par une convention alliant un Centre Hospitalier Régional à une Faculté de médecine. Actuellement deux Centres Hospitaliers Régionaux ne sont pas universitaires.

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