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Santé | 09/01/2019

Au Danemark personne ne va aux urgences de sa propre initiative

par Christelle Destombes
santé Danemark © Aleksandar_Mijatovic-AdobeStock

Le Danemark a fait le choix, il y a onze ans, de réformer drastiquement l’organisation de son système de santé. Les généralistes jouent un rôle pivot et la numérisation permet un meilleur suivi des patients.

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Le plan Ma santé 2022 veut soigner l'hôpital

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Confronté au vieillissement de sa population et au poids des maladies chroniques – un tiers de la population concernée, avec une croissance de 60 % attendue d’ici à 2025 – le Danemark a donné à des municipalités plus grandes les moyens de gérer les missions de prévention et de rééducation. 98 municipalités couvrant 50 000 habitants ont remplacé les 278 existantes, 14 départements ont été fusionnés en 5 grandes régions d’environ 1,2 million d’habitants.

Programme de modernisation

Pour rénover ses hôpitaux vétustes, construits dans les années 1970, un programme de modernisation d’un montant de 6,6 milliards d’euros finance la construction de dix nouveaux hôpitaux et la reconstruction de six.

Chacune des régions dispose d’un CHU, avec des urgences spécialisées et le nombre des hôpitaux généraux a chuté de 40 à 21. Les régions reçoivent une dotation de l’État pour gérer et développer les hôpitaux, dont elles peuvent licencier les équipes de direction si elles ne respectent pas les budgets.

Six super hôpitaux, à la pointe du numérique, doivent créer un cercle vertueux : diagnostic rapide et bon traitement, afin de réduire les durées d’hospitalisation, qui sont aujourd’hui de 3,4 jours en moyenne.

Un médecin pour 1 600 patients

L’ambulatoire a également été développé. Les municipalités sont chargées de recruter des physiothérapeutes et des kinés, autrefois salariés des hôpitaux, pour traiter les soins de suite au plus près du domicile.

Les médecins généralistes, libéraux mais salariés par les régions ont été désignés comme pivot du nouveau système de santé. Neuf Danois sur dix sont vus par les généralistes, qui exercent souvent en cliniques avec cinq ou dix confrères.

Les médecins doivent prendre en charge 1 600 patients, assurer des gardes les soirs et week-ends. Ce sont eux qui adressent les patients à l’hôpital : personne ne va aux Urgences de sa propre initiative…

4 heures en moyenne aux urgences

Cette transformation s’appuie sur la numérisation du système de santé, une priorité nationale depuis plus de quinze ans. Chaque Danois dispose d’un numéro d’identification unique, et d’un dossier médical partagé (Shared Medication Record) qui recense actes médicaux, ordonnances, examens et comptes rendus hospitaliers renseignés 48 heures après la sortie.

Tous les professionnels de santé accèdent aux mêmes données. Ce numéro permet d’identifier les patients dès l’ambulance, et de les diriger de manière efficace lorsqu’ils arrivent à l’hôpital. À l’hôpital, un système d’affichage sur écran permet de suivre les flux, pour identifier qui soigne qui et où.

Résultat : le séjour moyen aux Urgences est de 4 heures. Une quatrième stratégie en santé numérique a été adoptée pour 2018-2022, et une nouvelle réforme du système devrait être présentée en décembre. Avec un ministère de la Santé qui donne de grandes orientations stratégiques sans entrer dans le détail.

DRAnne Smetana, directrice de Healthcare Danemark

« Il vaut mieux faire 100 km qu’aller dans un petit hôpital sans expertise »

« Notre système de santé est composé de trois acteurs : les hôpitaux (soins de recours et urgences spécialisées), les médecins généralistes salariés par les régions, pivots du système, et les municipalités qui ont en charge la prévention et la rééducation. Pour dépolitiser et légitimer les décisions, Lars Løkke Rasmussen, ministre de la Santé et actuel Premier ministre, s’est appuyé sur une expertise internationale. La philosophie, c’est de dire qu’être hospitalisé n’est pas une bonne chose, que le grand n’est pas forcément bien. Il vaut mieux faire 100 km pour voir un spécialiste qu’aller dans un petit hôpital sans expertise. Le Danemark est un petit pays avec une culture du compromis et les citoyens ont accepté cette réforme, dont l’objectif était de mieux délivrer les soins en proximité. Et l’accent a été mis sur le management et la collaboration entre médecins, hôpitaux et municipalités. Les décisions sont prises en commun. »


Chiffres Clés

  • Population : 5,7 millions d’habitants (8,5 % de la population française).
  • Espérance de vie : 78,8 pour les hommes, 82,7 pour les femmes, part des + 65 ans : 19,6 % en 2017, 25 % estimés en 2060.
  • Système de santé : couverture et accès aux soins universels, 80 % des dépenses prises en charge par les pouvoirs publics.
  • Dépenses de santé : 10,4 % du PIB (France : 11 %).

Source : OCDE panorama de la santé 2017, Banque mondiale, Eurostat.

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  1. Bonjour,

    Je ne sais plus si c’est sur votre télé que j’ai vu un reportage sur les urgences au

    Danemark, il y a quelques semaines.

    Ce n’est pas si merveilleux que c’était indiqué.

    J’ai l’exemple précis d’une correspondante Danoise de ~ 75 ans,

    Il y a 2 ans, elle me disait qu’elle était malade, fatiguée dès qu’elle voulait faire

    quelque chose chez elle, que son médecin traitant ( NULLE ) ne lui donnait que du

    paracétamol et que ça irait bien, sans l’envoyer voir des plus compétents.

    Je lui conseillais de passer près de la caserne des pompiers et de simuler un malaise

    pour être emmenée aux urgences,
    elle m’a dit que ce n’était pas possible, pour les urgences il faut un rendez vous.

    Après plusieurs mois où on l’a laissée crever, elle a été admise dans un hopital, qui

    a diagnostiqué une vascularité artéres géantes.
    ( bravo le MT ou GP NULLES avec son peracétamol ) ce n’était pas une malade

    imagiaire.

    Un peu soignée avec la cortisone, elle est toujours très faible, mais ne peut être

    admise à l’hopital sans prise de rdv par le MT qui ne sais pas ce qu’elle a et a peur

    de paraitre conne, qui avec le système de fonctionnaire ne dispose que de 10 minutes

    par patient.

    Si vous étiez au Danemark, vous pourriez vous entretenir avec elle, sur le système

    danois, qu’il ne faut pas adapter en France

    elle vous raconterai la réalité, comment ils l’ont laissée crever pendant des mois et

    comment ils continuent ,
    elle est encore bien mal partie, très faible , sans possibilité de se faire soigner

    correctement, à cause d’un système stupide avec des médecins fonctionnaires

    incompétents.

    Sincères salutations
    Claude .

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