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PARCOURS DE SOINS | 25/05/2013
Décloisonner la santé pour les handicapés mentaux
par Olivier Bonnin

L'Unapei a consacré son 53è congrès national à l'accès à la santé des personnes handicapées mentales. Pour l'améliorer, elle appelle à décloisonner davantage le système de santé.

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Les parents de personnes handicapées mentales se seraient-ils mal fait comprendre, ces dernières décennies ? « Nous demandions à sortir nos enfants de l’hôpital. Mais c’était pour qu’ils aient une vie sociale… Pas pour qu’ils n’y soient plus soignés  ! » Présidente de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), Christel Prado soulève là un phénomène méconnu  : malgré leurs besoins, les déficients intellectuels peinent à accéder au système de santé. Pour les aider, l’Unapei y a consacré son congrès national, du 23 au 25 mai 2013 à Marseille, ainsi qu’un livre blanc, destiné notamment à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Symptômes

Christel Prado en convient  : pour les non-initiés, « il est difficile de se représenter » ces entraves à l’accès à la santé. Elles sont pourtant légion. Autistes, trisomiques, ou polyhandicapés sont régulièrement exclus de la prévention – par exemple lorsqu’une campagne pour la santé bucco-dentaire est déployée dans les écoles, mais pas dans leurs établissements… Dans leurs structures médico-sociales elles-mêmes, les personnels de santé sont « souvent peu nombreux », ajoute l’Unapei. Consulter un médecin pose également problème, lorsqu’il faut prendre le temps de décrire des symptômes, d’évaluer une douleur, ou même d’expliquer un handicap. « Quant aux urgences, elles n’acceptent pas forcément les accompagnants », déplore Christel Prado.

Autre obstacle, dans les hôpitaux, « les parcours de santé s’apparentent à des parcours du combattant », regrette l’association dans son livre blanc. La sortie de l’établissement est « trop souvent décidée sans concertation avec les aidants habituels et le réseau de soins extra hospitalier ». Et globalement, il manque une coordination des parcours à travers tout le système de santé. D’après l’Unapei le « risque de fractionnement des soins entre les différents intervenants n’est pas négligeable. Il expose à la multiplication des traitements et à l’absence de prise en compte de certains aspects médicaux parfois élémentaires ».

« Echange de savoirs »

Dès lors, parmi toutes les recommandations de l’Unapei, les appels à décloisonner abondent. D’une part, elle souhaite rendre le « système de santé inclusif » pour les personnes handicapées mentales. A ce chapitre, l’association propose d’organiser un « échange de savoirs et de compétences à tous les niveaux de formation entre les secteurs médico-social et sanitaire ». Cela suppose d’inclure « la problématique du handicap mental dans toutes les formations du sanitaire », d’une part, et « la problématique de la santé dans toutes les formations du médico-social » d’autre part. L’Unapei espère en outre un développement du dossier médical personnel, et de la télémédecine, afin de faciliter le partage d’informations entre les professionnels. Elle mise également sur les maisons de santé, et autres « modes d’exercice permettant de réduire l’isolement des praticiens libéraux »…

Pluridisciplinaire

D’autre part, l’Unapei espère des « actions spécifiques » pour garantir l’accès à la santé des personnes handicapées mentales. Et à cet égard aussi, plusieurs décloisonnements sembleraient salutaires. Des réseaux de santé spécialisés pourraient ainsi coordonner l’offre de soins et d’accompagnements à travers chaque territoire. Au sein de l’hôpital, une unité pluridisciplinaire dédiée au handicap pourrait aider à une « prise en charge globale » de ces usagers  ; parallèlement, dans les établissements et services médico-sociaux, une médicalisation renforcée permettrait de mieux prendre en compte leurs « projets de santé ». L’Unapei propose aussi un « conventionnement systématique » entre les structures médico-sociales et sanitaires, afin de prévoir des « parcours de santé adaptés ».

Autant de propositions qui pourraient inspirer la ministre déléguée en charge des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti. Au congrès de l’Unapei, le 24 mai, elle a annoncé que le prochain Comité interministériel du handicap porterait, notamment, sur l’accès aux soins. Et elle envisage déjà de constituer des « équipes pluri-professionnelles de proximité » pour améliorer l’offre de premier recours, ou encore d’ouvrir davantage au handicap les formations des professionnels de santé. La « coordination entre secteurs sanitaire et médico-social » serait elle-même appelée à progresser… 

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  1. bonjour
    tout dabord je voulait vous felicitez de l’information donnée sur les centres medico social je suis aide soignante et j’accompagne des personnes polyhandicapees dans leurs foyer d’aide medicaliser je souhaiterais monter une association externe de l’etablissement avec des parent et les personnes vivant au fam pour leurs permetre d’etre dans la realitee de la vie active et de pretendre a la societee cette association nous permetrez de vendre nos gateau confectionnées et de presentez l’atelier musique dans les villages autours a l’occasion d’un evenement nous avons pus demontre les son et chants que nous mettons en oeuvres et des repitions repetées toute l’année

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