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Finances | 25/01/2019

La finance participative fait sa crise de croissance

par Eric Larpin
Crowdfunding © Tashatuvango-AdobeStock

+ 20 % en 2018, soit 402 millions d’euros collectés par les membres de Financement participatif France, l’association coupole du secteur, pour plus de 33 000 projets soutenus. Des chiffres qui illustrent la bonne santé de la finance participative. Mais qui cachent des réalités diverses et un besoin de réglementation plus strict face, notamment, au rachat des "historiques" par les grands acteurs bancaires.

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« Le financement participatif (ou crowdfunding) est encore jeune. Il contribue au financement de projets, avec un fléchage transparent pour les particuliers vers le projet de leur choix. Les fonds collectés soutiennent majoritairement les projets économiques, mais aussi ceux des secteurs culturel et social », confirme Stéphanie Savel, présidente de Financement participatif France (FPF).

Les placements des épargnants sont garantis depuis un décret de 2014 par les statuts réglementés qui s’appliquent aux différents types de plateformes.

De l’amorçage au développement

« Aujourd’hui, le financement participatif appuie tous les secteurs d’activité, alors qu’il y a une demi-douzaine d’années, on ne voyait arriver que des dossiers que les banques ne voulaient pas. Le crowdfunding est aussi en capacité de financer une entreprise à tous les stades, de l’amorçage au développement. C’est par exemple le cas pour l’ESS, un secteur particulièrement ciblé par ces sites, qui interviennent le plus souvent en cofinancements avec d’autres acteurs de la finance solidaire », ajoute Stéphanie Savel.

Des évolutions divergentes

À l’intérieur des trois familles du financement participatif, on remarque aussi des évolutions divergentes. Si les prêts en ligne ont le vent en poupe, les dons stagnent (à l’image de tous les autres canaux du don ces deux dernières années) et les investissements en capital sont à la baisse (peut-être à cause des incertitudes sur la fiscalité des investissements dans les entreprises non cotées pour les particuliers, dans les deux derniers PLF).

« Face à ces mouvements, les plateformes développent désormais deux stratégies. Soit elles se spécialisent sur le soutien à un type d’activités, comme Miimosa pour l’agriculture durable ou Lumo pour les énergies renouvelables, soit elles demeurent généralistes, mais avec une gamme diversifiée d’outils financiers, comme Anaxago ou Wiseed qui s’intéresse au financement des coopératives », complète Stéphanie Savel.

Le besoin d’une réglementation plus stricte

Si le crowdfunding se banalise comme un outil normal d’accès au financement pour les entreprises, il n’échappe pas aux fusions et aux regroupements, ni aux critiques.

Un grand nombre de ces plateformes ont été en effet rachetées par des acteurs bancaires, quand elles n’ont pas effectué des rapprochements entre elles.

Une enquête de « Que choisir » à l’automne dernier a également mis en lumière des failles dans la sécurité accordée aux épargnants et le besoin d’une réglementation encore plus stricte que l’actuelle.

1,4 milliard d’euros

Selon Finance participative France, le crowdfunding fait partie de l’ensemble un peu plus vaste de la finance alternative. « En 2018, la finance alternative a collecté 1,4 milliard d’euros en France. Elle regroupe non seulement la finance participative, mais aussi les prêts à la consommation en ligne, les cagnottes en ligne et les prêts aux entreprises. Ce qui explique que la moitié des projets soutenus par cette finance alternative soit portée par des entreprises, non seulement des start-up, comme à l’origine du mouvement, mais aussi des PME et des entreprises de taille intermédiaire. Enfin, on note une forte hausse du financement de l’immobilier en ligne», souligne Mikaël Ptachek, auteur de l’étude pour KPMG.

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