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Coordination | 04/02/2019

La Meuse teste la polyvalence des services d’aide et de soins à domicile

par Géraldine Langlois
collaboration © Robert_Kneschke-AdobeStock

L’expérimentation de services polyvalents d’aide et de soins à domicile vise à encourager la collaboration entre Ssiad et Saad. Dans la Meuse, à Ancerville, l’ADRM teste le dispositif.

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«On faisait déjà un peu du Spasad sans le nommer », observe Corinne Pillard, chef du service Ssiad, qui pilote le Spasad. Les deux associations partageaient déjà les mêmes locaux… et la même présidence.

La coordination concerne actuellement vingt-sept personnes, suivies en commun par les deux services (70 % de ceux du Ssiad), ajoute-t-elle. Potentiellement, les quatorze aides-soignantes du Ssiad et les quarante aides à domicile (AAD) du Saad sont également concernées car même si les secondes interviennent plus ou moins toujours chez les mêmes personnes, toutes les salariées peuvent être amenées à suivre une personne dans le cadre du Spasad.

Formation commune

« 95 % des personnels des deux structures ont suivi début 2018 une formation commune sur les informations qu’il est utile de se transmettre entre professionnels. Cela a permis aux professionnels de se rapprocher », indique Corinne Pillard, de mieux se connaître et d’échanger sur leurs difficultés et leurs besoins respectifs. De commencer à souder leur collectif de travail, en somme. Avec l’objectif de mieux coordonner les interventions des unes et des autres. En cas de besoin, elles interviennent chez une personne à deux, une aide-soignante, une AAD.

L’expérimentation d’Ancerville a obtenu une subvention de 26 000 euros pour l’élaboration d’un outil de planification commun et d’un dossier commun (informatisé le 1er janvier 2019).

Il contient, en plus des informations habituelles, le diagramme de soins que remplissaient déjà les aides-soignantes du Ssiad et le nouveau diagramme d’activité des aides à domicile.

Échanges une fois par mois

Les échanges entre les deux associations qui se déroulaient de manière informelle, « entre deux portes », entre les assistantes techniques, responsables de l’organisation du SAD, et les infirmières coordinatrices du Saas, se sont intensifiés.

Elles se rencontrent désormais une fois par mois pour évoquer d’éventuelles difficultés ou faire le point sur des personnes accompagnées, avec les référentes de ces personnes. Une aide-soignante du Ssiad et une aide à domicile du Saad sont désormais conjointement référentes de chaque personne accueillie. Elles se réunissent lors de la prise en charge d’une nouvelle personne pour organiser son accompagnement et quand elles ont besoin de faire le point.

« On revoit les dossiers autant que nécessaire et au minimum une fois par an », précise la coordinatrice, ce qui ne se faisait pas dans le Saad.

Absence de fongibilité

Le problème c’est que les temps de réunion (« improductifs ») ne sont pas financés pour les Saad. Un vrai frein au développement des Spasad.

Pourtant, constate la coordinatrice, les interventions sont mieux coordonnées et les professionnelles apprécient leur collaboration. Ces services ouvrent la voie au « modèle polyvalent de demain », observe Guillaume Quercy, président de l’UNA, mais « les pouvoirs publics n’ont pas été au bout du modèle » en ne rendant pas fongibles les financements des Ssiad et Saad concernés. Le temps des AAD est toujours minuté, pas celui des aides-soignantes.

© EAMaud Collomb, directrice adjointe de l’Union nationale ADMR

« On ne sait pas ce qui va se passer ensuite »

« L’ADMR (1) est fortement engagée dans l’expérimentation des Spasad. Au 1er janvier 2018, nous avons mené dans 36 départements 55 projets, dont 10 associent une structure ADMR et une structure extérieure. 327 associations de l’ADMR sont impliquées. Nous avons réalisé un premier bilan en juin. Il est très positif en interne sur la coordination entre services et la facilitation du partage des informations entre structures. Les formations en commun pour les aides à domicile du Saad et les aides-soignantes du Ssiad marchent très bien. Cela leur permet de mieux se connaître, de mieux savoir quels sont leurs domaines d’intervention et leurs complémentarités. Nous avons aussi travaillé sur des outils communs d’évaluation des besoins et de bilan afin d’avoir un éclairage à la fois social et sanitaire. Nous projetons également de caractériser le bénéfice de cette organisation pour les personnes accompagnées. L’expérimentation des Spasad se termine fin 2018 mais, étonnamment, on ne sait pas ce qui va se passer ensuite. »

Note (01)

Contact : Fédération ADMR de la Meuse, 50 rue de la Résidence du parc, BP 20008, 55101 Verdun Cedex, 03 29 84 58 32. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • CPOM du Spasad de l’AMDR de la Meuse : 2 ans.
  • 14 aides-soignantes, 2 infirmières coordinatrices (Ssiad), 40 aides à domicile.
  • 27 bénéficiaires concernés (sur un total de 38 accompagnés par le Ssiad et 180 à 200 par le Saad).
  • 23000 euros de subventions pour l’expérimentation.

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