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Conditions de travail | 04/03/2019

A Châteaubriant, les cadres de santé prennent soin de leur équipe

par Solange de Fréminville
bienveillance personnel © DOC_RABE_Media-AdobeStock

Le Domaine du lac, qui associe une unité de soins de longue durée et un Ehpad de l’hôpital Châteaubriant-Nozay-Pouancé, a surmonté une situation de crise en impulsant une amélioration des conditions de travail.

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L’été 2015 fut éprouvant au Domaine du lac. « Sur douze agents, trois étaient en arrêt de travail et, certains jours, les agents avaient moins de trois mois d’expérience dans le service », se souvient Sébastien Rétif, cadre de santé de la structure (1). Les raisons : « Fatigue physique, épuisement psychique, manque de reconnaissance… », analyse Sophie d’Astier de la Vigerie, cadre de santé du Domaine des trois chênes (2), Ehpad voisin et géré par le même hôpital, dont les agents exprimaient la même souffrance au travail.

« La perte de sens était accrue par la mauvaise image des Ehpad et par le sentiment d’isolement, médecins et infirmiers étant peu présents dans ce type de structure », complète Sébastien Rétif.

Amélioration des conditions de travail

Une situation de crise déclenchée par une réduction d’effectif, d’après Véronique Brunet, aide-soignante au Domaine du lac, élue au CHSCT. Les deux cadres de santé, arrivés depuis peu dans les structures et sans possibilité de recruter, ont alors impulsé ensemble un management qui vise à améliorer les conditions de travail et la cohésion des équipes.

L’une des premières mesures a été de mettre fin au turn-over des remplaçantes en gardant les mêmes. « Elles connaissent les résidents, les collègues… C’est plus sécurisant pour tous », relève Sébastien Rétif qui a obtenu du service RH de l’hôpital qu’il révise sa copie. Deuxième mesure : une gestion équitable des plannings. « On était rappelé en période de repos pour remplacer une collègue absente, et il était difficile de récupérer nos jours. Désormais, les cadres nous proposent vite un jour de récupération », indique Véronique Brunet.

Réunion d’équipe

Par ailleurs, les rappels se font par SMS pour permettre aux agents de s’organiser ou de refuser, et ainsi protéger leur vie privée. Troisième mesure : « La mise en place d’un atelier d’équipe dans lequel on cherche ensemble des solutions aux difficultés rencontrées », rapporte Sébastien Rétif. Cela a permis la réorganisation progressive du travail.

Autre point majeur : convaincre la direction hospitalière de recruter et d’investir. Les cadres ont créé un tableau de bord du GIR moyen pondéré des résidents. « On signale ainsi une charge en soins extrêmement importante. Sur cette base, on demande des renforts et on les obtient. » C’est aussi le moyen d’obtenir l’achat d’aides techniques pour réduire les manutentions manuelles.

Écoute et valorisation du personnel

Les cadres se sont également chargés de créer ou rénover la salle de pause, de former les soignantes au massage, etc. Bilan : au Domaine du lac, le taux d’absentéisme est tombé à 5 ou 9 % (selon les moments), l’établissement attire stagiaires et recrues, et les remerciements des familles se multiplient. « Le fait d’être écouté et valorisé redonne une dynamique. On a retrouvé du sens à notre travail », confirme Véronique Brunet. Avant d’ajouter « on voudrait aussi du personnel en plus, cela nous soulagerait ».

DRSébastien Rétif, cadre de santé de l’unité de long séjour et Ehpad Le Domaine du lac

« Je suis présent aux transmissions entre les équipes de jour et de nuit »

« J’anime un atelier d’équipe dans lequel on étudie ensemble les solutions aux difficultés. Je fais un relevé de conclusions et je me porte garant de sa mise en application. Par exemple, on a réorganisé les prises de sang. Elles étaient faites vers 5 h du matin par l’infirmière de nuit, obligée de réveiller les résidents, et données à 8 h au laboratoire. On a arrêté les prises de sang la nuit, à moins qu’un résident soit réveillé. L’infirmière de jour s’en charge et le laboratoire vient les chercher à 9 h 30. Fin des tensions ! Je suis aussi présent aux transmissions entre les équipes de jour et de nuit. Cela me permet de connaître, soutenir et valoriser leur travail. Quand on a demandé une augmentation de la note de 0,5 point (au lieu de 0,25) pour les agents les plus engagés, on a remis à chacun une copie du rapport écrit donné à la direction. Nous avons également mis en place un groupe de travail pour écrire le projet d’établissement et un autre en secteur sécurisé pour chercher des alternatives aux médicaments et à la contention. »

Contacts :  ;

Note (01)

Sébastien Rétif, sebastien.retif@ch-cnp.fr - Retourner au texte

Note (02)

Sophie d’Astier de la Vigerie : sophie.dastierdelavigerie@ch-cnp.fr - Retourner au texte

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