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Vieillissement | 03/04/2019
L’Ehpad d’Arnac-Pompadour pense son offre en termes de choix et non de besoins
par Nathalie Levray
senior © Hunor_Kristo-AdobeStock

Son petit gabarit et son statut public auraient pu le condamner. Mais l’Ehpad public d’Arnac-Pompadour a su s’appuyer sur son personnel et mobiliser le territoire pour transformer son offre.

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Les Ehpad face au big bang

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Avec son bâti entièrement restructuré et l’extension de ses unités de vie entre 2014 et 2017, le projet d’établissement 2018-2022 de l’Ehpad Arnac-Pompadour en Corrèze, est selon les mots mêmes de sa directrice, Isabelle Leymarie (1), « volontairement pas ambitieux, mais réalisable ».

La personne âgée et son projet de vie sont « pensés en termes de choix et non de besoins ». Nous cherchons « à conserver ses habitudes de vie et à lui proposer ce qu’elle aime ». Quant au projet de soins, il s’inscrit dans une démarche de connaissance fine des aspects de sa santé, à partir de onze critères différents, pour mieux prévenir les faiblesses et les anticiper.

Le personnel, maillon essentiel

« L’établissement d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui qui existait il y a même encore dix ans », considère Isabelle Leymarie. Il a fallu négocier un virage pour repenser l’Ehpad à tous les niveaux. Or, pour la directrice, « les changements ne se conduisent pas sans l’adhésion des salariés ».

C’est pourquoi le projet d’établissement comprend un volet tourné vers le personnel, maillon essentiel de la mission. Même si l’effectif est « stable, peut-être parce que le territoire est rural », le projet social implique les équipes ; les choix de l’établissement, le budget, les matériels, etc. sont expliqués. Chaque catégorie de personnel est représentée au comité de pilotage réuni, « malgré la taille réduite de l’équipe », une journée par mois.

« La qualité de vie au travail est ma priorité au quotidien », indique la directrice : « c’est le gage d’un bon travail ». Dans le collimateur, les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS). Les TMS sont travaillés avec l’Association régionale pour l’amélioration des conditions de travail dans le cadre d’un appel à candidature de l’ARS Nouvelle-Aquitaine : « il faut veiller à l’équité et éviter l’épuisement ».

Les chemins de soins équilibrent déjà la charge de travail des équipes mais l’idée est de suivre les pratiques avec un ergothérapeute et de préconiser des améliorations, notamment pour le rythme de travail. Les RPS seront prévenus au cours de réunions trimestrielles d’échanges en présence d’un psychologue, « sas de décompression pour des professionnels dont le métier est très compliqué ».

Mutualisation

L’autre défi concerne la logique financière. Il faut être imaginatif. L’Ehpad bénéficie de tarifs attractifs négociés au niveau national via des groupements d’achat, « ce qui n’empêche pas les mises en concurrence permanentes des fournisseurs ».

Un groupement de coopération sociale et médico-sociale, qui fédère quinze établissements dont un hôpital, permet de mutualiser divers services et compétences : la formation, un pôle de remplacement comprenant trois aides-soignants et bientôt un infirmier, le mandataire judiciaire, une astreinte technique pour les petites réparations et l’entretien immobilier, un qualiticien. Un outil utile selon la directrice : « chacun y puise ce dont il a besoin pour répondre à ses besoins ».

« Nous proposons aux plus de 65 ans un plan personnalisé de soins » – Isabelle Leymarie, directrice de l’Ehpad Arnac-Pompadour et du Ssiad

« C’est en équipe que nous avons choisi de répondre à des appels à projets (AP) de l’agence régionale de santé. Fin 2018, l’établissement a été retenu dans le cadre de l’AP « Ehpad pôle ressource de proximité » pour expérimenter sur le territoire une consultation « bien vieillir ». Nous proposons aux plus de 65 ans une consultation autour de la nutrition, l’activité physique, l’aménagement du domicile et le dépistage des troubles cognitifs et thymiques, en vue de rédiger un plan personnalisé de soins. Dans un second temps, le projet s’oriente vers les plus fragiles et leurs aidants, identifiés par les intervenants au domicile formés par l’établissement. De plus, l’Ehpad est établissement porteur de la télémédecine pour quatorze autres établissements. Les premières consultations (gériatrie, plaies et cicatrisation, cardiologie et hématologie) seront ouvertes à l’automne 2019. Les résidents pourront accéder aux soins plus rapidement et avec moins de transports ; les soignants et médecins généralistes bénéficieront d’un appui dans leur prise en charge de proximité. »

Note (01)

Contact : Isabelle Leymarie, 05 55 73 36 55, ehpad-pompadour@orange.fr - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • Établissement public territorial créé en 1974, l’Ehpad Arnac-Pompadour en Corrèze propose 51 places permanentes et 3 temporaires, pour un budget global de 1,975 million d’euros en 2018.
  • Le prix de journée s’établit à 56,60 euros + 4,74 euros au titre du ticket modérateur dépendance.
  • Accolé à l’Ehpad et géré en commun, un service de soins infirmiers à domicile (Ssiad) offre 39 places mais les équipes restent dédiées.
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