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Vieillissement | 12/04/2019
Il faut travailler à une meilleure acceptabilité de l’innovation
par Laure Martin
Innovation Concept © Olivier_Le_Moal-AdobeStock

L’Observatoire de la Silver économie, qui compte parmi ses membres la Chaire de gestion des services de santé du Conservatoire national des arts et métiers, a organisé le 11 avril son troisième workshop avec pour thématique les innovations au service du bien vieillir, sont-elles réellement accessibles voire désirées par les consommateurs âgées ? L’occasion pour les intervenants d’insister sur la nécessité d’inclure les personnes âgées, leurs aidants et les soignants, dans l’élaboration et l’évaluation des innovations mises à leurs dispositions afin de s’assurer qu’elles répondent à leur besoin.

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« L’innovation doit être au service de la population. Une réflexion doit d’ailleurs être menée sur son apport et à son accessibilité », a soutenu Sébastien Podevyn, secrétaire général de la filière Silver économie et directeur général de France Silver Eco. Réflexion qui ne doit pas se limiter aux seniors. À titre d’exemple, ils ne sont pas les seuls à avoir des problèmes avec l’usage du numérique. « Il faut parvenir à faire en sorte que toute innovation parte d’un besoin et qu’elle y réponde », a-t-il ajouté. Elle doit aussi être directement accessible ou l’être par le biais de la formation.

Un modèle de basculement

Selon Sébastien Podevyn, le récent rapport de Dominique Libault sur la Concertation Grand âge et autonomie, remis le 28 mars à la ministre de la Santé, confirme les thèses de France Silver Eco. « Il valide une santé de prévention, qui vise à faire en sorte que très tôt, il faille chercher les points de fragilité des personnes âgées au risque d’entrer dans la perte d’autonomie. » Si jusqu’à présent, ces thématiques n’étaient pas la priorité, il semblerait qu’un changement soit en train d’être opéré. « Nous sommes dans un modèle de basculement qu’il ne faut pas manquer et qu’il faut penser de manière précise afin que les innovations soient acceptées par les personnes qui vont les utiliser », a-t-il rappelé.

Des gérontopôles porteurs de projets

Sur le terrain, des dispositifs sont testés à l’échelle régionale. C’est le cas au sein du gérontopôle d’Ile-de-France, Gérond’if, qui promeut la recherche, l’innovation et l’évaluation dans les domaines de la gériatrie et de la gérontologie. « Notre idée est de dynamiser, autour du vieillissement, les acteurs de la recherche, du soin, de la formation et les entreprises », a fait savoir Anne-Françoise Schiller, déléguée générale adjointe de Gérond’if. Et d’ajouter : « Nous effectuons des évaluations de projets et des études, avec des mesures d’acceptabilité de l’innovation et de la qualité de vie, chez les personnes âgées, les aidants et les professionnels qui les entourent. » C’est le cas avec l’étude Diapason 92, concernant un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) hors les murs. « Ce dispositif favorise le soutien à domicile pour une population qui aurait dû entrer en Ehpad », a-t-elle expliqué. Sont mobilisés, pour ce dispositif, la télé-assistance, des ergothérapeutes qui préconisent l’aménagement du domicile, des gardes de nuit itinérantes et un accompagnement particulier des proches aidants.

Faire émerger les besoins

Autre étude qui va démarrer prochainement : Semcopage qui consiste en des semelles connectées pour mesurer le nombre de pas effectués par une personne âgée en soins de suite et de réadaptation avec des objectifs à atteindre. « Nous allons nous assurer de l’acceptabilité du dispositif en questionnant sur la tolérance des semelles, le nombre de demandes de retrait, la sensation des personnes âgées de pouvoir tomber plus facilement avec ces semelles ou encore le confort », a fait savoir Anne-Françoise Schiller. Et de conclure : « Il faut travailler avec les professionnels pour faire émerger les besoins en tenant compte du vécu pour une meilleure acceptabilité de l’innovation. »

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