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RSE | 23/04/2019
camif.fr met en avant sa plus-value sociale
par Eric Larpin
Touche clavier caddie vert vente par correspondance © Delphotostock-AdobeStock

Jadis fleuron de l’économie sociale, la Camif s’est relancée en adoptant la démarche d’entreprise à mission. La réussite, humaine mais aussi économique, est au rendez-vous.

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La loi Pacte place l’ESS dans l’expectative

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C’est hors des murs de camif.fr, sur les rives de la Sèvre niortaise, qu’Emery Jacquillat, le P-DG de cette entreprise rachetée en 2009, réalise les entretiens annuels avec ses soixante salariés. Et ce n’est pas la seule originalité de cette société qui fut un des fleurons de l’économie sociale dédiés à la vente par correspondance et qui est aujourd’hui une des premières entreprises à mission en France, avant même le vote de la loi Pacte.

Redonner du sens

« Dès la reprise par la société Matelsom, on savait que la relance de la Camif ne pourrait avoir lieu qu’à partir des Deux-Sèvres et en redonnant du sens à l’entreprise. Les entreprises qui créent de la valeur économique sont celles qui ont une valeur sociale. À partir de 2014, nous avons cherché à aller plus loin dans notre rôle de transformation de l’économie», explique-t-il, encore équipé de ses chaussures de marche.

camif.fr est d’abord devenue une entreprise labellisée B Corp, avant de participer à une expérimentation conjointe avec Mines Paris Tech sur l’objet social étendu de l’entreprise. Une démarche qui ne s’est pas faite à la légère, puisqu’il a fallu attendre 2017 pour que ­camif.fr inscrive sa mission dans ses statuts : « Proposer des produits et services pour la maison au bénéfice de l’Homme et de la planète. Mobiliser notre écosystème, collaborer et agir pour inventer de nouveaux modèles de consommation, de production et d’organisation ».

Démarche participative

Un comité, la Cellule OSE, incluant les parties prenantes, a été mis en place pour vérifier la poursuite et le bien-fondé de la mission. Ce processus a orienté le développement de camif.fr. « Désormais, on ne propose plus à nos clients que des produits d’ameublement Made in France, pour la plupart écoconçus. Et on fait appel à des Esat ou des entreprises d’insertion pour certaines fabrications », précise Emery Jacquillat. À cette mise en œuvre est associée une démarche participative.

Floriane Gineste, responsable du service clients et après-vente, est bien placée pour l’évoquer. Elle a travaillé dans l’ancienne Camif, avant d’y revenir il y a un an. « Je suis retournée à la Camif, parce que, comme les soixante salariés du site de Niort, je cherche à mettre du sens dans mon travail. Les collaborateurs apportent leur pierre à la construction de l’entreprise. Nous pouvons aussi proposer des initiatives, comme des actions conjointes avec des associations de lutte contre le gaspillage ou l’organisation du grand débat dans l’entreprise », explique-t-elle.

Bien-être au travail

Et puis il y a le fameux point du lundi, où chacun des salariés peut s’exprimer. « Tous les chiffres de la société sont mis sur la table. On cherche la transparence, qui améliore le bien-être au travail. Nous avons aussi mis en place un budget collaboratif. Neuf salariés sont tirés au sort pour participer à la création du budget », indique Laurent Micouin, le DRH. Une réussite semblant démontrer que les plus-values sociales mènent aux plus-values économiques.

« Le comité de suivi inclut les parties prenantes » – Anne-France Bonnet, présidente de Nuova Vista, Conseil en engagement sociétal

« L’entreprise à mission est issue pour une grande part des recherches de Mines Paris Tech, autour de l’économiste Blanche Segrestin. Ces chercheurs se sont appuyés sur des expériences en cours comme Nutriset et camif.fr, les deux premières entreprises à mission en France. Le rapport Notat-Sénard a repris l’esprit de ces travaux, puis la loi Pacte dans la foulée. Elle organise une articulation entre la modification des articles du code civil sur l’entreprise, qui autorise plusieurs modèles d’entreprise, la création d’une raison d’être, que les entreprises peuvent inscrire dans leurs statuts, et le nouveau statut de société à mission, qui doit avoir une gouvernance qui supervise la mission et un tiers qui la valide. Cette nouvelle gouvernance prend la forme d’un comité de suivi qui inclut les parties prenantes. Nuova Vista fait ainsi partie de la Cellule OSE de camif.fr. »


Chiffres Clés

  • 70 ans : l’âge de la Camif.
  • X14 : l’effet multiplicateur d’un emploi de Camif sur les emplois en France.
  • 73 % du chiffre d’affaires réalisés avec du Made in France.
  • Zéro : le nombre de produits vendus sur le site, fermé lors du Black Friday, pour lutter contre la surconsommation.
  • + 9 % : l’écart salarial en faveur des femmes.

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