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[Vu d’ailleurs] Développement durable | 27/05/2019
La santé québécoise investit dans la réduction de son impact environnemental
par Solange de Fréminville
Drapeau Québec-UNE © Argus-Fotolia

Depuis 2007, le secteur de la santé québécois met les moyens pour réduire ses consommations énergétiques, trier et valoriser ses déchets, etc. L’implication du milieu hospitalier progresse.

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Développement durable : la santé soigne plus vert

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Au Québec, le secteur public de la santé a réduit de moitié sa consommation énergétique de 2007 à 2013. Une avancée remarquable « sous l’impulsion du ministère de la Santé qui a investi pour renouveler un parc immobilier vieillissant en intégrant des énergies renouvelables », explique Jérôme Ribesse, directeur de Synergie santé environnement (SSE).

Référent développement durable

La trentaine d’établissements publics issus en 2015 du vaste mouvement de fusion impulsé par le gouvernement a également eu l’obligation de nommer, pour chacun d’entre eux, un référent développement durable. En 2019, un comité représentatif des missions de l’établissement renforcera son action.

Au-delà de cet engagement institutionnel, l’implication du milieu hospitalier progresse. En témoigne la montée en puissance de SSE, une organisation à but non lucratif fondée en 2006 par un médecin et un expert en santé environnementale, qui fédère aujourd’hui 60 % des acteurs publics et 40 % des structures privées du secteur sanitaire et médico-social.

Avec une triple mission : informer, offrir des services (diagnostic, accompagnement, outils…), et constituer un réseau d’adhérents qui échangent sur les démarches engagées.

Parmi eux, le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de la ­Montérégie-Est, particulièrement en pointe, avance sur tous les fronts, de la réduction des consommations énergétiques jusqu’à l’amélioration de la qualité de l’air, en passant par la prise en compte de critères environnementaux dans les achats.

Depuis 2015, vingt-six personnes issues des services médicaux et administratifs composent le Comité environnement en santé qui se réunit quatre à cinq fois par an pour impulser et suivre le plan d’action. Point fort de la démarche : le tri et la valorisation des déchets. En plus des filières papier, carton, métaux, lampes au mercure, appareils électroniques, piles rechargeables, etc., le groupement de santé québécois a organisé une filière pour les 10 tonnes de plastique jusque-là jetées dans la poubelle ordinaire.

Récupération des plastiques

« Un projet très novateur » dans le secteur de la santé québécois, selon France Le Blond, directrice adjointe du CISSS de la Montérégie-Est.

« Nous avons mis en place la récupération des plastiques hospitaliers issus de services cliniques tels la pharmacie, l’hémodynamie, le bloc opératoire, l’urgence, l’hémodyalise », précise-t-elle. Ils sont ensuite valorisés par des conditionneurs. De même que pour le papier, le tri et le déchiquetage des plastiques sont confiés à des organismes communautaires (équivalents des associations en France) qui emploient des personnes en insertion ou ayant des problèmes de santé mentale.

Autre projet innovant : l’oxydation hydrothermale des eaux usées. Des recherches sont en cours, sous la conduite du Centre de transfert technologique en écologie industrielle, auxquelles participe le CISSS de la Montérégie-Est. L’objectif est d’éliminer les polluants à la source.

DRJérôme Ribesse, directeur de Synergie santé environnement

« Il y a moins de contrainte légale qu’en France »

« Au Québec, la loi sur le développement durable votée en 2006 n’est pas contraignante et, globalement, il y a moins de contrainte légale qu’en France. L’approche est avant tout incitative. Les investissements engagés par le ministère de la Santé à partir de 2007 pour réduire les consommations énergétiques du réseau public d’établissements ont été déterminants. Le secteur sanitaire continue d’investir dans la réduction de son impact environnemental, avec le soutien de partenaires tels que SSE, d’organismes de recherche et de collectivités comme la ville de Montréal. Il y a des avancées dans le tri des déchets grâce à la création de filières de valorisation. Pour protéger la biodiversité et lutter contre les îlots de chaleur urbains, notamment à Montréal, des établissements de santé plantent massivement des arbres. L’un d’eux en a planté 3 000 en trois ans. Un cardiologue, François Reeves, a créé la journée de l’arbre de la santé pour encourager les initiatives. En revanche, la consommation d’eau reste très élevée parce que l’eau ne coûte rien au Québec. »


Chiffres Clés

  • 8 446 058 habitants, 1 542 056 km².
  • Secteur public de la santé : une trentaine de groupements d’établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux (au lieu d’une centaine de groupements avant la fusion de 2015).
  • CISSS de la Montérégie-Est : 3 hôpitaux de soins de courte durée, 16 centres d’hébergement pour personnes âgées, une quinzaine de centres locaux de services communautaires (CLSC), près de 13 000 salariés.
Thème abordé

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