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Développement durable | 13/06/2019
Pour réduire son empreinte écologique, l’hôpital de Carcassonne joue collectif
par Solange de Fréminville
achat collectif © Jurgen_Falchle-AdobeStock

Labellisé haute qualité environnementale, le centre hospitalier de Carcassonne mobilise ses agents et ses partenaires, publics comme privés, pour verdir son activité.

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Développement durable : la santé soigne plus vert

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Devant l’hôpital de Carcassonne, un chantier a démarré : 15 000 m2 d’ombrières photovoltaïques (pour 1 500 places de parkings) sont en cours d’installation, pour une mise en service prévue en juillet 2019. Un projet porté par l’entreprise Urbasolar, qui investit 6,3 millions d’euros, en partenariat avec le syndicat audois d’énergies et du numérique (Syaden). Un nouveau pas franchi par un établissement déjà doté d’une chaudière bois et de solaire thermique en toiture, qui vise l’autonomie énergétique. « Une petite centrale appartient à l’hôpital et fournira 10 % de nos besoins en électricité, tandis que la grande centrale alimentera le réseau géré par Enedis. Mais notre projet est que toute la production soit achetée par l’hôpital », assure Philippe Casier, ingénieur énergies et développement durable du centre hospitalier de Carcassonne (1).

Comité de pilotage

Labellisé haute qualité environnementale (HQE) d’un niveau exceptionnel lors de l’ouverture de son nouveau site en 2014, l’hôpital audois a fait de la diminution de ses consommations d’énergie un axe de son projet d’établissement, de même que la réduction de ses déchets et tout ce qui peut atténuer son impact écologique. Dans son comité de pilotage développement durable, qui réunit depuis quatre ans des cadres et des professionnels de santé de l’établissement, il a fait entrer l’Ademe, le Syaden et les collectivités territoriales (Carcassonne, Aude et Occitanie). Et il n’hésite pas à solliciter des acteurs privés. Résultat : l’hôpital se fournit pour sa chaudière en bois forestier de la Montagne noire toute proche et en palettes auprès d’une entreprise implantée dans l’Aude. Ses biodéchets alimentent un méthaniseur local, sauf les restes de pain qui nourrissent des cochons à patte noire élevés non loin de là. Les toners sont recyclés par une entreprise nîmoise qui pourrait un jour prochain vendre ses cartouches au centre hospitalier. L’établissement a même profité de la réorganisation du réseau de bus de l’agglomération de Carcassonne pour obtenir un passage toutes les dix minutes matin et soir et toutes les demi-heures le reste du temps. Bientôt, il y aura 60 places dans un site sécurisé pour garer les vélos des salariés et 40 places sur le parking public pour ceux des visiteurs.

Baisse de 10 % des Dasri

La dynamique est portée par un ingénieur et une trentaine d’agents ambassadeurs du développement durable. Grâce à leur mobilisation, le tri des déchets progresse. L’hôpital enregistre une baisse de 10 % du tonnage de Dasri (déchets d’activités de soins à risques infectieux), de près d’un tiers de ses ordures ménagères et de plus de 15 % de ses biodéchets. C’est une infirmière du bloc opératoire qui a initié le tri des plastiques qui jusque-là partaient dans la poubelle commune, ou pire, dans les Dasri. Quant au médecin nutritionniste et au chef de la restauration collective, ils modifient progressivement les menus et les achats pour améliorer la qualité des repas servis et réduire les biodéchets. Un travail patient et collectif.

« Beaucoup d’agents participent et lancent des idées » – Philippe Casier, ingénieur énergies et développement durable de l’hôpital de Carcassonne

« Au début, j’étais moteur, mais progressivement des agents se sont impliqués. Beaucoup participent et lancent des idées. Avec l’équipe hygiène, on voudrait étendre à la salle de stérilisation la ventilation en mode réduit qui marche très bien au bloc opératoire. Durant la période caniculaire de l’été 2017, j’ai fait passer la consigne de fermer les brise-soleil des fenêtres, pour empêcher la chaleur d’entrer tout en laissant passer la lumière naturelle, et de fermer les portes. Avec l’air frais de la ventilation, la température s’est maintenue autour de 23° à 28° à l’intérieur. De même, aux saisons froides, le respect des consignes permet d’atteindre le confort thermique. Quand on a créé des étiquettes ‘‘éteignez la lumière’’, j’en ai informé les agents et ils sont venus les chercher. Pas besoin de note de service ou de distribution organisée. Régulièrement, je diffuse à tous les agents des informations sur les actions en cours, les résultats obtenus, les questions environnementales. »

Note (01)

Contact : Philippe Casier, ingénieur énergies et développement durable de l’hôpital de Carcassonne : philippe.casier@ch-carcassonne.fr - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 8 sites, 1822 agents, 250 médecins, budget 171 millions d’euros.
  • 79 % d’énergies renouvelables : solaire thermique en toiture (50 % des besoins en eau chaude) et chaudière bois (80 % des besoins en chauffage).
Thème abordé

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