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Pauvreté | 13/09/2019

54 % des Français disent avoir été sur le point de connaître une situation de pauvreté

par Nathalie Levray
pauvreté enfant © penyushkin-AdobeStock

Selon le 13e Baromètre annuel Secours populaire Français-Ipsos/SPF, plus d’un Français sur trois dit avoir déjà fait l’expérience de la pauvreté. Les personnes interrogées fixent le seuil de pauvreté subjectif moyen à 1 173 euros en 2019 pour un Smic à 1 202 euros, et sont de plus en plus nombreuses à avoir le sentiment de ne plus pouvoir y arriver. Les enfants sont de plus en plus préoccupés. Ils trouvent la pauvreté "injuste", pensent qu’on devrait faire plus pour aider les personnes pauvres.

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En ce début d’automne, la pauvreté tient la une. Après la délégation interministérielle qui présente les effets d’un an de la Stratégie pauvreté, le collectif Alerte qui tire la sonnette d’alarme sur la situation des plus pauvres, et les chiffres 2019 de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) sur les minima sociaux, voici la 13e édition du baromètre Ipsos/Secours populaire Français (SPF). Celui-ci montre que tous les indicateurs s’enfoncent dans le rouge pour les catégories populaires et les plus pauvres.

Un niveau de vie inférieur au « revenu minimum décent »

Les Français placent le seuil de pauvreté à 1 193 euros (+ 75 euros par rapport à 2018) pour une personne seule (2 186 euros pour un couple avec deux enfants), soit un peu moins que le Smic mensuel net 2019 (1 202 euros environ) et davantage que le seuil de pauvreté officiel Insee à 60 % (1 026 euros) qui concerne plus de 8,8 millions de personnes en France.

Selon le baromètre, 54 % des Français disent qu’ils ont été sur le point de connaître une situation de pauvreté, et 37 % l’ont réellement connue. Ce qui corrobore les précédentes études qui rappellent que plus du tiers de la population ont un niveau de vie inférieur au « revenu minimum décent » nécessaire pour une pleine participation à la société, calculé par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES). En outre, six personnes sur dix connaissent une personne en situation de réelle pauvreté, dont un tiers dans leur entourage très proche.

Le manque d’argent et les privations n’ont jamais été aussi durement ressentis

Au quotidien, les budgets sont de plus en plus serrés. Un tiers des répondants (34 %) arrive juste à boucler son budget (+ 2 points). Quasiment un Français sur cinq (18 %) vit à découvert (en progression de 4 points par rapport à 2018), dont 6 % craignent de basculer dans la précarité. Le manque d’argent et les privations n’ont jamais été aussi durement ressentis par les personnes les plus précaires, celles dont les ressources n’excèdent pas 1 200 euros.

Un quart du panel limite ses repas pour passer la fin du mois. Près d’un parent sur deux (trois sur quatre quand le revenu du foyer est inférieur à 2 000 euros par mois) rencontre des difficultés pour envoyer ses enfants en vacances au moins une fois par an et pour leur payer des activités sportives et culturelles. Les perspectives d’avenir inquiètent les Français : même s’ils sont moins nombreux aujourd’hui (- 8 points en quatre ans), encore près de huit Français sur dix estiment que le risque de précarité sera encore plus grand pour les générations à venir.

Des enfants de plus en plus inquiets pour leur avenir

Au-delà du sondage sur l’ensemble des Français, Ipsos a interrogé un échantillon de quelque 500 enfants pour évaluer leur situation actuelle. Le panorama rejoint celui des grandes personnes. Un peu plus de la moitié des enfants estiment qu’il y a beaucoup de personnes pauvres en France, un chiffre en hausse constante depuis sept ans. Le premier marqueur de la pauvreté qu’ils identifient est le fait de vivre dans la rue. À leurs yeux cependant, leur cercle familial reste relativement épargné par la pauvreté (66 % ne l’identifient pas dans leur famille). Ils s’en sentent même personnellement préservés : l’immense majorité affirme ne manquer de rien. Pour autant, 56 % des enfants reconnaissent des personnes pauvres dans leur école et 49 %, dans leur quartier.

Enfin, plus de six enfants sur dix craignent de devenir pauvres un jour, un taux en progression de cinq points par rapport au précédent sondage en 2015. Face à la pauvreté, les enfants ne sont pas résignés. Neuf sur dix pensent qu’elle n’est pas inéluctable et qu’on pourrait en faire beaucoup plus pour aider les personnes pauvres. À cet égard, les efforts des adultes pour enrayer la pauvreté sont jugés relativement faibles et ils sont 93 % à penser que les adultes devraient davantage les écouter pour que les choses aillent mieux.

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