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E-santé | 16/09/2019

Le médico-social doit changer de braquet

par Géraldine Langlois
e-santé santé numérique © sdecoret-AdobeStock

La première étape du Tour de France des régions du numérique en santé, qui s'est tenue à Lille le 5 septembre, a montré que les structures médico-sociales ont toute leur place dans le développement de la e-santé. Les acteurs des ESMS participent dans les Hauts-de-France à une démarche particulièrement dynamique.

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Les pilotes de la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) ont beaucoup insisté lors de la première étape du Tour de France des régions numérique en santé sur le fait que le secteur médico-social devait absolument participer à la dynamique de développement de la e-santé. Il a manifestement toute légitimité à s’inscrire dans les actions préconisées par la feuille de route (1) sur le sujet présenté en avril par Agnès Buzyn.

La mesure spécifique de la feuille de route ministérielle (action 20 : « soutien aux systèmes d’information médico-sociaux et accompagnement au virage numérique, via un plan ESMS numérique ») sera lancée en 2020. Et un groupe de travail planche au sein de la délégation ministérielle sur le développement de l’utilisation des outils numériques dans les structures médico-sociales via un plan d’accompagnement et de financement, a indiqué Dominique Pon, responsable de la DNS.

Collectif médico-social

Dans les Hauts-de-France, le secteur médico-social est complètement intégré au travail de co-construction du bouquet d’outils numériques Prédice, qui vise à favoriser la mise en relation des professionnels et la prise de rendez-vous des usagers, la coordination et la télémédecine. C’est d’ailleurs avec des Ehpad que se met en place depuis plusieurs semaines le premier service de Prédice, la télémédecine.

Sept fédérations du monde médico-social participent au comité régional des systèmes d’information en santé (CORSSIS), qui pilote ce projet, et elles ont constitué un collectif, a indiqué Marine Réquillart, directrice adjointe à l’URIOPSS Hauts-de-France.

Convention d’engagement

Les fédérations ont signé lors de cette journée lilloise une convention d’engagement avec l’agence régionale de santé (ARS), qui officialise leur engagement collectif sur la structuration et le déploiement du numérique sur le champ médico-social dans la région.

Cette convention vise notamment à développer la télémédecine dans les établissements médico-sociaux pour améliorer l’accès aux soins de leurs résidents, à accompagner la montée en charge de leurs fonctions « système d’information » et à favoriser l’émergence d’une offre de services numériques adaptés aux besoins de ces établissements. L’ARS y consacre 200 000 euros. Pour Étienne Champion, son directeur général, cette convention symbolise la façon dont la dynamique régionale s’inscrit dans la dynamique régionale d’inclusion du médico-social dans le numérique en santé. Selon lui, « le médico-social, c’est aussi de la santé ».

Vrai-faux retard

Le « retard » en termes d’utilisation du numérique et d’acculturation aux enjeux de la e-santé du secteur médico-social, plusieurs fois pointé durant cette journée, a toutefois été nuancé par certains intervenants. Certes, la part du budget des établissements médico-sociaux en matière numérique a beau ne pas être connue, a souligné, Éric Magnier, responsable régional des systèmes d’information à l’APF France Handicap Hauts-de-France et membre du collectif SI médicosocial Hauts-de-France, elle est sans doute très inférieure à celle des établissements sanitaires.

Mais si le secteur médico-social a en effet besoin d’opérer un rattrapage en investissement et en matériel, il dispose selon lui d’atouts pour qu’il s’opère plus rapidement. Pour Éric Magnier, ce secteur est particulièrement « agile », comme en témoignent les nombreuses solutions numériques développées par le secteur de l’aide à domicile. Il a aussi construit, a-t-il ajouté, « une culture de la coordination et de partage d’information très forte et ancienne », plus développée parfois que dans le monde sanitaire. Aussi, « le médico-social n’a pas forcément envie de passer par toutes les étapes par lesquelles l’hôpital est passé. Il peut aller plus vite », estime Éric Magnier.

Note (01)

La feuille de route vise à renforcer la gouvernance du numérique en santé, intensifier la sécurité et l'interopérabilité des systèmes d'information, accélérer le déploiement des services numériques socles et des plateformes numériques de santé et soutenir l'innovation et l'engagement des acteurs. - Retourner au texte

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