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Insertion | 27/09/2019

Les missions locales à l’avant-garde de la stratégie pauvreté

par Nathalie Levray
Plan Pauvreté © NLH

À l’occasion d’une conférence-débat organisée par l’Union nationale des missions locales, l’expertise des missions locales dans l’accompagnement lié à une allocation et leur rôle dans le service public de l’insertion ont été reconnus. L’extension du revenu unique d’activité aux jeunes de 18 à 25 ans a été confirmé, même si ses contours ne sont pas encore précisés.

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Tout le monde attendait Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, pour parler du service public territorial d’insertion et de l’ouverture du revenu unique d’activité (RUA) aux jeunes. Il fut excusé et c’est finalement son conseiller, Clément Cadoret, qui est intervenu à la conférence-débat organisée dans le cadre de l’assemblée générale de l’Union nationale des missions locales (UNML) à Paris le 25 septembre 2019.

À ses côtés, notamment, siégeaient Bruno Lucas, délégué général de la direction générale et l’emploi et de la formation professionnelle (DGEFP), et Sylvie Charrière, député de Seine-Saint-Denis et vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, chargée avec Patrick Roger, conseiller municipal délégué de Strasbourg Eurométropole, d’une mission ayant pour objet l’identification, l’orientation et le suivi des jeunes soumis à l’obligation de formation.

Pour un service public territorial de l’insertion de tous les jeunes

« Une conférence pour prolonger la motion de ce matin, qui revendique la place des missions locales dans le service public de l’insertion », a expliqué Sandrine Aboubadra-Pauly, nouvelle déléguée générale arrivée à l’union début septembre. Intitulée « Ambition 2022 : les missions locales sont le service public territorial de l’insertion de tous les jeunes », ladite motion prend notamment acte du refus de « participer à toute expérimentation de fusion des missions locales au sein de Pôle emploi » et exige de « faire reconnaître [leur] rôle central » dans l’accompagnement et l’insertion des jeunes.

Le document traduit les inquiétudes des professionnels du secteur quand Édouard Philippe avait lancé cette idée en juillet 2018 à l’issue d’un atelier « Action publique 2022 » consacré au service public de l’emploi.

Une logique d’accompagnement à dupliquer

Clément Cadoret comme Bruno Lucas ont fait comme si la motion n’était qu’un épiphénomène, déjà dépassé, et ont brossé leur auditoire dans le sens du poil. Pour le premier, « tous les intervenants sociaux qui accompagnent devraient travailler comme les professionnels des missions locales » leur reconnaissant un rôle d’ « ensemblier local » et les qualifiant au passage de « l’avant-garde de la stratégie pauvreté ».

Pour le second, « les résultats obtenus sur la Garantie jeunes sont là », et, même s’il faut que « le réseau gagne en cohérence et capitalise sur ses réalisations », l’État a besoin d’« une relation structurée avec les missions locales » pour dupliquer la logique de leur accompagnement et de médiation avec les entreprises, leur ancrage territorial. Elles ont leur place dans le service public de l’insertion.

Un accord-cadre de partenariat a d’ailleurs été signé entre l’UNML et la DGEFP à l’issue de l’assemblée.

L’ouverture du RUA aux jeunes de 18 à 25 ans est fondamentale

Sur le champ du revenu unique d’activité, dans lequel l’UNML est impliquée, c’est « l’expertise des missions locales pour lier l’accompagnement et l’allocation » que Clément Cadoret a soulignée. Le conseiller a affirmé que « l’ouverture du RUA aux jeunes de 18 à 25 ans est fondamentale dans la concertation » lancée en mai 2019. Rien n’a fuité sur les modalités. Mais, d’après lui, se posent encore les questions de l’intégration des bourses pour les jeunes étudiants, de l’éligibilité des seuls jeunes sans formation, sans diplôme, sans travail, sans stage et de la façon de les accompagner ainsi que celle de l’avenir de la garantie jeunes.

Un sujet en lien avec l’obligation de formation de la stratégie pauvreté, la question du repérage de ces jeunes et d’un périmètre d’accompagnement à élargir à la santé, la mobilité, le logement, etc., qui alimentera le fonds de commerce des missions locales au moins jusqu’en 2022. Le rapport Charrière-Roger devrait tracer des pistes lors de sa remise au Premier ministre, au cours de la 3e semaine d’octobre.

Que font les missions locales ?

Les missions locales accompagnent plus d’un million de jeunes âgés de 16 à 26 ans chaque année dans 6 900 points d’accueil. Elles mettent notamment en œuvre la garantie jeunes et le parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PACEA).
L’Union nationale regroupe 436 missions locales, 14 associations régionales.
Son budget s’élève à près 1,4 million d’euros.

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