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Plan Hôpital | 21/11/2019

Un troisième plan à la rescousse de l’hôpital public

par Christelle Destombes
hopital © free_photo-Fotolia.com

"Redonner de l’oxygène à la communauté des soignants" tel est l’objectif d’Édouard Philippe qui a présenté le 20 novembre un nouveau plan "Investir pour l’hôpital" avec 1,5 milliards d'euros sur trois ans, la reprise partielle de la dette et des primes variées pour les personnels. Suffisant pour calmer la lassitude des soignants ?

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Le plan se décline en trois axes et une quinzaine de mesures : « renforcer l’attractivité des métiers et fidéliser les soignants, lever les blocages de l’hôpital public et réinvestir dans l’hôpital en lui donnant des moyens nouveaux et de la visibilité dans le temps ». Pour répondre aux difficultés en région parisienne (1), une prime annuelle de 800 euros sera attribuée dès l’année prochaine à 40 000 personnels soignants dont le salaire est inférieur à 1950 euros net mensuel (66 euros par mois).

« C’est un plan AP-HP qui risque de créer des tensions », commente un connaisseur de l’hôpital. Le collectif Inter-urgences, qui réclamait des augmentations salariales de 300 euros net mensuel pour tous, appelle à la grève le 30 novembre et pense à rejoindre la mobilisation contre la réforme des retraites le 5 décembre.

Autres primes : l’une de 100 euros net par mois versée aux aides-soignants qui exercent auprès des personnes âgées et se sont formés en gériatrie, une autre de 300 euros par an distribuée par les hôpitaux, « selon des critères qu’ils auront définis eux-mêmes » afin de valoriser « l’engagement et l’investissement des personnels ». Jusqu’à 600 000 soignants pourraient être concernés, selon le plan.

Des mesures d’accompagnement pour les débuts de carrière sont annoncées : 300 premiers contrats d’engagement de service public (CESP) paramédicaux devraient être signés au 1er semestre 2020, assortis d’une indemnité mensuelle de 750 euros pour des filières concernées par des difficultés d’accès aux soins. La prime d’engagement de carrière hospitalière (PECH) concernera 1 500 personnes en 2020, elle sera revalorisée de 15 000 à 30 000 euros pour attirer des métiers en tension (infirmiers spécialisés ou manipulateurs radio).

« Lever les blocages de l’hôpital »

La gouvernance de l’hôpital sera revue, avec la volonté de redonner du pouvoir aux personnels soignants au sein des instances, et d’alléger les procédures administratives. Une mission sur la « gouvernance et la simplification des hôpitaux » est confiée au Professeur Olivier Claris, président de la CME des Hospices civils de Lyon.

Le statut du praticien hospitalier sera revu dans le cadre des ordonnances de la loi d’organisation et de transformation du système de santé, avec une fusion des premiers échelons « pour faciliter les modes d’exercice mixte ». La ministre de la Santé, remontée contre les pratiques d’intérim hospitalier, a annoncé des contrôles renforcés. Enfin, les protocoles de coopération entre professionnels devraient se déployer, avec un simple enregistrement auprès de l’ARS.

Des ressources…

Des ressources supplémentaires sont allouées, avec un rehaussement de l’Ondam hospitalier sur 2020-2022, porté à 2,4 %, soit 300 millions d’euros de ressources supplémentaires en 2020, 500 millions d’euros en 2021 et 700 millions d’euros en 2022. La reprise d’un tiers de la dette (10 milliards d’euros) est une « décision de rupture », pour permettre aux hôpitaux d’investir à nouveau, selon le Gouvernement qui présentera une loi au premier semestre 2020, en même temps que la loi de programmation des finances publiques.

Par ailleurs, 150 millions d’euros par an seront fléchés vers l’investissement courant, à la main des chefs de service « pour répondre au besoin actuel d’investissement quotidien ». « C’est une réponse à la hauteur des attentes. On redonne une dynamique positive à l’hôpital, en relançant l’investissement », a commenté Frédéric Valletoux président de la FHF.

Pour Gilles Pialoux, professeur des universités et praticien hospitalier, « c’est un plan basé sur des mesures financières à prendre, mais à moitié pleines. La bonne nouvelle, c’est la prise de conscience de la crise de l’hôpital public. Et semble-t-il, la volonté de changer le système (Ondam hospitalier imposé alors que celui de ville est négocié, T2A, etc.) d’ici trois ans. Mais le grand plan santé ville hôpital, attractivité, santé publique et territorialité n’est pas là ».

Note (01)

Personnels travaillant à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne. - Retourner au texte

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