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Santé | 23/12/2019

Un imposant rapport enfonce le clou de la refondation des Urgences

par Christelle Destombes
hôpital urgences attente © glowonconcept-AdobeStock

Pour refonder les Urgences, le Dr Thomas Mesnier, député LREM, et le Pr Carlier mobilisent l’amont, les Urgences elles-mêmes et l’aval. C’est l’objet du tome 1 de leur imposant rapport (259 p.), présenté à Agnès Buzyn le 19 décembre, quand le tome 2 présente de manière approfondie cinq mesures spécifiques, dont l’emblématique organisation du service d’accès aux soins (SAS), qui devrait permettre une meilleure régulation médicale.

Le SAS, « clé de voûte de la nouvelle organisation »

Près de 70 pages sont consacrées à circonscrire le SAS, « clé de voûte de la nouvelle organisation des réponses aux demandes de soins », fondée sur une « coconstruction ville-hôpital symbolisant un modèle organisationnel basé sur le respect mutuel ».

Couvrant tout le territoire, destiné à répondre 24h/24h et 7 jours/7 à la demande de soins, il prendra la forme d’un portail numérique, d’une application, et d’un numéro de téléphone (le « 113 ») pour proposer un conseil, une téléconsultation, une orientation selon l’état de santé vers une consultation sans rendez-vous ou aux Urgences, voire en engageant un transport sanitaire.

Demande de soins non programmés

Ce service est conçu comme devant assurer « un continuum dans la prise en charge des réponses » aux demandes de soins non programmés, « ne se substituant pas à l’appel à la médecine de premier recours ».

Une première phase du SAS est prévue pour l’été 2020, pour un coût allant de 78,8 millions d’euros à 96 millions d’euros. Si les auteurs souhaitent qu’il dépasse le cadre de la « simple plateforme de réception des appels », la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) a rappelé immédiatement son attachement au 116 117, « permettant de séparer les appels pour les services d’urgences des demandes pour des soins non programmés » et réclamé des moyens « pour valoriser l’engagement de la médecine libérale ». Idem du côté de MG France, pour qui « le service d’accès aux soins est une mission nouvelle pour les médecins généralistes français. À cette mission nouvelle doivent correspondre des moyens nouveaux. »

CPTS et maisons médicales de garde

Le rapport revient sur les alternatives aux urgences à développer, en lien avec le plan Ma santé 2022 et d’autres mesures déjà annoncées : développement des CPTS et des maisons médicales de garde (MMG) à proximité des services d’Urgences recevant plus de 50 000 patients par an, systématisation du tiers-payant, meilleur suivi des pathologies chroniques en ville avec le soutien des infirmiers de pratique avancée, protocoles de coopération pour la prise en charge des « petites urgences »…

Le ministère a rappelé que 50 nouvelles MMG ont été financées en 2019, et que des protocoles sont en voie d’autorisation : le premier autorisé par arrêté le 14 décembre, concerne « l’évaluation du bilan radiologique par l’infirmier organisateur de l’accueil, en lieu et place du médecin, pour les patients se présentant avec un traumatisme de membre dans un service d’urgences ».

Transports sanitaires

Pour désengorger encore les Urgences, les rapporteurs préconisent que les transports sanitaires pourraient transporter les patients vers des consultations non programmées, d’élargir les permanences d’accès aux soins de santé aux situations médico-sociales non urgentes, « dont la prise en charge ne constitue pas le cœur de métier des médecins urgentistes » et de développer les admissions directes à l’hôpital sans passer par les urgences, notamment pour les personnes âgées.

Au total, plus d’une soixantaines de recommandations sont formulées dans les deux tomes, pour concrétiser les mesures esquissées en septembre dernier, destinées à apaiser la colère du collectif Inter-Urgences. Le conflit reste vivace : le collectif est désormais rejoint par l’Intersyndicale nationale des internes, en grève illimitée depuis le 10 décembre, alors que les médecins généralistes appellent à fermer les cabinets les samedis matins depuis le 14 décembre.

Les arbitrages sur ces propositions seront rendus en janvier, assure le ministère, après les conclusions de la Mission de modernisation de l’accessibilité et de la réception des communications d’urgence pour la sécurité, la santé et les secours (Marcus).

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