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26/12/2019

Éduquer à la différence – Magalie Gréa, directrice générale de l’Unadev

par Auteur Associé
Magalie-GREA DR

Poser la question de l’inclusion en milieu scolaire, c’est s’interroger sur la place des enfants handicapés dans notre système éducatif et plus globalement dans notre société. Au-delà des postures politiques, militer pour l’inclusion revient pourtant à revendiquer la même place pour tous les enfants à l’école.

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En éduquant dès le plus jeune âge à la différence et à l’acceptation, nous posons les bases d’une règle de vie commune : si nous avons tous une place à l’école, il en sera de même dans le reste de notre vie en société.

L’inclusion est aussi bénéfique aux personnes déficientes visuelles qu’aux autres. Elle permet de porter un autre regard sur la vie. Et c’est bien là le rôle de l’école que de former, pas seulement aux connaissances scolaires mais aussi aux règles de citoyenneté, de vivre ensemble. Les a priori voudraient que cette inclusion en milieu ordinaire soit dans l’intérêt unique de l’enfant handicapé. C’est oublier la réciprocité qui s’opère auprès des autres enfants et des adultes peu confrontés au handicap. Non seulement ils apprennent sur eux-mêmes, mais ils reçoivent aussi énormément de ces rencontres « extraordinaires ».

On ne dira jamais assez l’enjeu du handicap dans notre société : le faire oublier pour ne voir que la personne. Comment y parvenir sans se mêler les uns aux autres, sans coexister et découvrir la différence pour mieux la dépasser. Quel autre lieu que l’école pour jouer ce rôle de mixité et ouvrir les portes à une société plus inclusive ?

Au-delà de l’intention annoncée, se pose la question de la mise en œuvre d’une politique toujours difficile à généraliser tant le handicap revêt des réalités très diverses d’un cas à l’autre. Et comme très souvent, les défis du handicap sont relevés grâce à l’énergie et à la bonne volonté d’acteurs professionnels parfois bénévoles, mobilisés aux côtés des parents et des enfants pour réussir l’impossible : concilier des emplois du temps dans des lieux d’accueil multiples, écouter le rythme de l’enfant qui a souvent besoin de plus de temps, d’outils adaptés, et d’être rassuré face à un milieu ordinaire bruyant et peu adapté qui génère des inquiétudes.

Alors inclusion totale ou à la carte, si l’école doit être ouverte et prête à accueillir les enfants en situation de handicap, l’inclusion scolaire n’a de raison qu’à une condition : qu’elle corresponde véritablement aux besoins de l’enfant et que celui-ci soit toujours préservé.

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