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Tribune | 20/01/2020

Maintien à domicile : il est temps de redonner envie – Isabelle Vatinel, vice-présidente de l’Actas, directrice autonomie du CCAS Cherbourg en Cotentin

par Auteur Associé
Isabelle-Vatinel © J-Michel Enault/ Cherbourg-en-Cotentin

Le secteur médico-social et plus particulièrement le métier des aides à domicile ne serait-il pas le parent pauvre de la fonction publique territoriale ?

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Le secteur médico-social et plus particulièrement le métier des aides à domicile ne serait-il pas le parent pauvre de la fonction publique territoriale ? À l’heure où le rapport El Komri en faveur des métiers du grand âge fait débat, comment ne pas pointer la souffrance et le manque de moyens humains pour assurer une digne prise en charge de nos aînés. Quelle évolution statutaire pourrait permettre d’améliorer les conditions de travail et de vie des professionnels du domicile ? Toutes ces dames, puisque ces métiers sont majoritairement de sexe féminin, sont de dignes représentantes du service public. Seraient-elles traitées de la même façon si elles étaient des hommes ?

Malgré leur dévouement et leur implication sociale, elles sont en effet peu, voire pas reconnues. L’institution et le statut sont maltraitants envers ces professionnelles qui ne revendiquent qu’un droit, celui d’être considérées à leur juste valeur. Quel agent public accepterait de subir un travail à temps partiel, de ne pas être indemnisé de ses frais de déplacement, de devoir attendre dans sa voiture (quand il a les moyens d’en avoir une) ou au café entre deux dossiers administratifs ou interventions techniques ?

Le métier est en crise, les recrutements devenus mission impossible. Si l’on veut redonner « envie » d’accéder à ces emplois, qui je le rappelle vont, dans les dix années à venir, devoir augmenter de 20 %, il est nécessaire d’entendre les revendications des professionnelles du domicile. Oui à l’obligation du remboursement des frais kilométriques, oui à la valorisation professionnelle de ces métiers et à l’augmentation des temps de travail, donc des salaires. Oui à la professionnalisation qui peut passer par l’apprentissage et la transmission du savoir.

Nombreuses sont les aides à domicile qui « sacrifient » leur temps personnel pour permettre une prise en charge de la personne fragile plus humaine et qualitative. Il faut que la solidarité nationale soit à la hauteur de ses ambitions et veiller à ce que ces évolutions, justifiées et non opposables, soient portées par l’État et non par les usagers. Nous devons prendre notre part de responsabilité envers nos aînés car nous aurons tous un jour besoin d’un accompagnement adapté à notre perte d’autonomie. Mettons-nous dans cette perspective qui est loin du monde virtuel.

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