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Coronavirus | 20/03/2020

Le secteur de l’aide à la personne fait front, malgré la pénurie

par Sophie Bourlet
Le manque de masques et autres outils de protection génère de l’anxiété. ©thanakorn - stock.adobe.com

Depuis le début de l’épidémie et face aux mesures de confinement annoncées par le gouvernement, les structures d’aide à la personne sont sur le pied de guerre. Les services de soins, de toilettes, de ménage, et d’accompagnement à domicile s'adaptent au jour le jour pour essayer de protéger les salariés et les bénéficiaires, souvent âgés et vulnérables face au virus Covid-19. Mais le manque de masques et autres outils de protection génère de l’anxiété.

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Coronavirus : les professionnels de la santé et du social répondent présents

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L’enjeu actuel est l’approvisionnement en masques chirurgicaux : « On se bat dans chaque pharmacie pour être prioritaires. On ne pourra pas assurer la continuité si nos salariés n’ont pas de protection. On ne veut pas imaginer ce scénario, on parle de personnes fragiles qui ne peuvent ni se lever, ni se nourrir » relève Régis Granet, DG de la Fédésap, fédération d’aide à domicile qui englobe 3 000 structures pour 200 000 bénéficiaires.

Requisition des masques

Insuffisamment équipées, les structures ont dû faire jouer leurs réseaux de fournisseurs et vider les fonds de tiroirs pour éviter la propagation du virus. Malgré la publication d’un décret le 4 mars dans le Journal Officiel sur la réquisition des masques au profit des professionnels de la santé et des patients, ainsi que la stratégie de gestion et d’utilisation maîtrisée des masques en priorité dans les zones où le virus circule activement de la cellule de crise de la DGCS, les réseaux et fédérations alertent sur la pénurie à venir et appellent à l’aide.

Du stress, de la peur

« Il va également nous falloir des surblouses, des charlottes, des lunettes… » rappelle Matthieu Domas le DG du réseau APA, qui emploie plus de 5 000 salariés. Comme beaucoup d’autres, celui-ci s’est vu contraint de prioriser et réduire les interventions, en composant avec une dégradation des effectifs due aux nombreux congés maladie ou de parents qui rencontrent des difficultés à utiliser le système de garde. Le réseau a mis en place plusieurs outils : réunions de crise quotidiennes avec tous les services, centre d’appel animé par les bénévoles pour appeler les personnes à domicile, cellule d’accompagnement psychologique pour les salariés. « Il y a du stress, de l’intensité, de la peur, c’est important qu’on puisse les épauler. » rapporte-t-il.

Continuer l’activité

Pour François Haettel, accompagnant éducatif et social pour l’entreprise Confiez-nous, la situation sur le terrain reste gérable : « On travaille un peu plus, mais ça ne change pas forcément de d’habitude, c’est un boulot fatiguant de toute manière. On a pas de masques pour l’instant, la peur serait de transmettre la maladie à quelqu’un à risque… » Le directeur de son entreprise, Régis Richard, veut compter sur la mobilisation de ses employés : « Il faut qu’on continue l’activité ! Sinon on ne pourra pas tenir financièrement. »

Rassuré par les promesses

Si tous s’accordent à dire que la question des pertes financières n’est pas prioritaire, celle-ci « va se chiffrer en centaines de milliers d’euros », selon Matthieu Domas, du réseau APA. Estimant à 500 000 euros de pertes pour sa structure en mars, il se dit « rassuré » par les promesses de soutien financier annoncées à ce sujet par le gouvernement et applaudit l’énorme élan de solidarité qui a poussé une centaine de bénévoles à rejoindre le centre d’appel et pour aider à la confection de masques en tissus.

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