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Coronavirus | 30/03/2020

Les professionnels de la petite enfance font face au black-out

par Nathalie Levray
ours masque © kojin_nikon-AdobeStock

Sur la plateforme collaborative idealCo, les professionnels échangent sur les modifications qu’impose le confinement et communiquent leurs bonnes pratiques. Lutte contre la fracture numérique, consignes sanitaires, anxiété du personnel, lien avec les familles, tous les problèmes du quotidien sont abordés pour trouver ensemble des solutions.

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Coronavirus : les professionnels de la santé et du social répondent présents

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Pour la deuxième fois en huit jours, une cinquantaine de professionnels de l’éducation et de la petite enfance s’est connectée ce jeudi 26 mars sur la plateforme collaborative idealCo, autour des deux responsables de ces secteurs, respectivement Alicia Lenormand et Rémi Pialat.

L’objectif de ce groupe de paroles en ligne est de dialoguer et de voir si des solutions testées ici pour faire face au Coronavirus peuvent être adoptées là. Toutes ces bonnes idées et ces ressources devraient vite se retrouver sur la plateforme d’échange idealCo, à disposition de ses membres. Un rendez-vous est programmé chaque semaine de crise.

Impossible d’anticiper

Alors qu’ils sont sur le pont depuis l’annonce d’Emmanuel Macron, le 12 mars, de suspendre les activités extra-scolaires et de fermer les crèches et les établissements scolaires et ce, « jusqu’à nouvel ordre », eux s’adaptent et inventent de nouvelles organisations de services et de missions.

« Quotidiennement », assure l’une des participantes, parce que « les informations et les instructions changent d’un jour à l’autre ».

Un autre surenchérit : « il est impossible d’anticiper ». À leurs dires, cela l’est d’autant moins que l’articulation entre des tutelles différentes est loin d’être acquise. Ils font avec.

Scolariser les enfants des bidonvilles

Dans cette association, des outils de formation en ligne sont proposés mais sa responsable se dit « désemparée par une fracture numérique accentuée par le Covid ».

La continuité pédagogique est en jeu pour des enfants vivant dans un squat, un bidonville et dans un centre d’hébergement. Leur scolarisation ne peut être assurée faute de connexion et de matériels.

Un conseil départemental essaie de répondre à cette problématique et le fait savoir : « un recensement de tous les moyens disponibles dans les collèges fermés est en cours ». L’idée est d’organiser le transfert de ces outils vers les enfants non connectés.

À l’autre bout de la France, les tablettes numériques des écoles seront prêtées aux familles identifiées dans le plan de réussite éducative de la ville. « Mais quels critères appliquer pour les choisir ? », interroge la responsable. Une question restée (pour le moment) sans réponse.

Rassurer le personnel des crèches

Dans cette grosse ville de l’Ouest, quatre crèches municipales (sur dix-sept) reçoivent les enfants des personnels soignants. « Pas de souci avec les inscriptions des 30 à 40 enfants par jour, le gros du boulot, c’est la politique RH », explique sa représentante. Il faut dispatcher les professionnels disponibles alors même qu’une solidarité s’est organisée vers les Ehpad en manque de personnels. Il faut rassurer, c’est-à-dire gérer la pénurie de masques et de gel, appliquer les consignes de sécurité sanitaire et pouvoir assurer des repas sans risque.

Un autre participant renseigne sur l’existence, dans sa collectivité, d’un protocole d’accueil récemment mis en place et communiqué au personnel. Chacun sait ainsi qui est destinataire des masques et gants disponibles, et connaît les modalités d’accueil des parents – qui peut se faire à la porte de la crèche ou dans chaque unité –, la nécessité d’une tenue de rechange y compris des chaussures ou l’emploi de tenues jetables en alternance avec les blouses, un change pour les enfants, le lavage des mains, la désinfection quotidienne des locaux et des jeux, l’entrée de contenants alimentaires désinfectés, etc.

Veiller au moral des troupes

La gestion de l’anxiété des personnels pose question. L’animation des personnels en première ligne comme de ceux qui télétravaillent doit être soignée : « il faut veiller au moral des troupes » et « communiquer la bonne humeur ».

Ici, un réseau WhatsApp fait le lien entre collègues des différentes crèches, là les personnels reçoivent tous les soirs un mail qui les renseigne sur la vie de la collectivité.

Ailleurs des challenges sont organisés : deux énigmes par semaine à élucider, des photos à partager, des recettes de cuisine à élaborer, « bonnes mais avec le moins d’ingrédients possibles », avec la promesse de remise de récompenses quand la crise sera finie.

Une commune a organisé une rotation du personnel par quinzaine pour « tenir du personnel en réserve » : la moitié travaille sur site quand l’autre moitié est en confinement.

Maintenir le lien avec les familles

Pour ces professionnels de la petite enfance comme pour les éducateurs périscolaires, l’autre défi à relever est de garder le contact avec les parents, les enfants et les jeunes confinés.

« Pas facile de se retrouver H24 en famille », constate un participant. « Il faut maintenir les liens avec les familles », martèle une autre.

Pour soutenir parents et enfants qui fréquentent habituellement leurs structures, plusieurs collectivités réfléchissent à une plateforme support, sécurisée et protégée. Les familles pourraient y trouver des ateliers à réaliser « avec trois fois rien », des conseils et des astuces pour un confinement le plus agréable possible.

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