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Coronavirus | 08/04/2020

Les Hauts-de-France créent une réserve sociale

par Géraldine Langlois
solidarité coronavirus © taa22-AdobeStock

L’Uriopss et la FAS ont mis en place une plateforme qui permet de redéployer des personnels disponibles dans des structures sociales et médico-sociales qui ont besoin de renforts du fait de la crise sanitaire. Les établissements en tension y expriment leurs besoins en personnels et les autres indiquent ceux qu’ils peuvent mettre à disposition.

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Coronavirus : les professionnels de la santé et du social répondent présents

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L’Union régionale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uriopss) et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) des Hauts-de-France viennent de créer une « réserve sociale » afin de combler les besoins en personnels que la crise du coronavirus crée dans les établissements sociaux et médico-sosiaux toujours ouverts. Entre 50 et 70 % des salariés y travaillent actuellement, souligne Tiffany Thirolle, déléguée régionale de la FAS. Mais les autres (30 à 50 % selon les établissements) sont en arrêt au motif de la garde d’enfant ou de maladie, notamment le coronavirus, ou encore parce qu’ils font partie des personnes « à risque » de complication en cas de contamination au Covid-19.

Tous les métiers

Sur la première page de la nouvelle plateforme en ligne, les structures d’accueil et d’hébergement de personnes en situation d’exclusion ou de handicap ou d’enfants dans le cadre de la protection de l’enfance peuvent indiquer leurs besoins. « Ils peuvent concerner potentiellement tous les métiers », indique Ahmed Hegazy, directeur de l’Uriopss Hauts-de-France. Les établissements recherchent ainsi des profils éducatifs mais aussi des professionnels paramédicaux ou encore des personnels administratifs, d’entretien, des chauffeurs, des cuisiniers ou des surveillants de nuit. Au 4 avril, plus de 200 personnels sont recherchés, souligne Claire Adam, responsable du pôle autonomie de l’Uriopss.

Offres de ressources

Sur un second onglet, les établissements qui ont des professionnels disponibles peuvent également renseigner les profils de ceux qu’ils peuvent mettre à disposition. Il peut s’agir de salariés de structures qui n’accueillent plus d’usagers du fait de la fermeture des établissements scolaires, par exemple (comme les ITEP ou les IME) et n’ont pas été redéployés sur d’autres missions, précise Ahmed Hegazy.

Au 4 avril, les établissements ont proposé de mettre à disposition une centaine de professionnels. Comme le précise Tiffany Thirolle, les offres de « ressources » ne peuvent émaner que de structures et non de professionnels individuels : « un éducateur au chômage ne peut pas s’inscrire sur cette plateforme mais il peut se tourner vers le site jeveuxaider.gouv.fr ».

La mise à disposition des personnels prend la forme d’une convention entre deux établissements. Un troisième onglet recueille les candidatures d’étudiants inscrits dans des organismes de formation en travail social de la région Hauts-de-France. Ces structures, en lien avec la DRJSCS, ont communiqué auprès de leurs étudiants sur les possibilités de mobilisation, recensent les volontaires et peuvent les inscrire sur cette plateforme. Les structures en tension peuvent les recruter en stage ou en CDD, indique Claire Adam. Plus de 200 étudiants disponibles se sont manifestés début avril.

Solidarité territoriale

L’outil a été créé au départ dans l’Oise, un département touché précocement par les conséquences de la crise du coronavirus, par des associations des secteurs du handicap et de la protection de l’enfance. L’Uriopss et la FAS l’ont déployé dans les vingt-six arrondissements des Hauts-de-France et élargie à tous les secteurs de l’action sociale et médico-sociale ainsi qu’aux étudiants en travail social.

Pour Ahmed Hegazy, « la logique de cet outil s’inscrit dans une logique plus large qui consiste, en inter-réseau, à activer au maximum les solidarités associatives à l’échelle des territoires », ici sur le plan des ressources humaines mais aussi, potentiellement, pour la mutualisation de locaux ou l’achat d’équipements de protection individuelle.

Réponse rapide

Impossible de dire pour le moment combien de personnels la plateforme a effectivement permis de redéployer. La simplicité de l’outil, conçu pour apporter une réponse rapide à un besoin urgent, ne permet pas de l’indiquer, même si les établissements sont invités à mettre à jour leurs besoins et leurs ressources.

Aussi, souligne Tiffany Thirolle, l’efficacité de la mise en relation entre les besoins et les ressources dépend de l’adéquation entre les profils des personnels disponibles et ceux des postes « vacants », à l’échelle de chaque territoire.

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