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Coronavirus | 23/04/2020

Malgré le confinement, le soutien à la parentalité cherche à garder le lien

par Michèle Foin
épuisement parents quarantaine coronavirus © Famveldman-AdobeStock

Depuis le 17 mars 2020, de nombreuses initiatives ont vu le jour pour continuer à prodiguer un soutien parental aux familles qui en ont besoin. Numéros verts, plateformes d’information et de conseils… des actions soutenues par un fonds national exceptionnel de 500 000 euros.

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« Depuis le confinement, notre numéro d’appel du Point Info Familles ne sonne plus, à l’image de l’ensemble des numéros d’accompagnement des familles, alors que les violences intrafamiliales, elles, augmentent », déplore Frédéric Rabaud, directeur général de l’Union départementale des associations familiales (Udaf) de Vendée.

Le besoin de soutien à la parentalité n’a pourtant jamais été plus criant, si l’on en croit les chiffres du 119, le numéro d’appel pour les enfants en danger : « C’est une augmentation de 89 % des appels par rapport à la même semaine l’année dernière », a annoncé le secrétaire d’État en charge de la protection de l’enfance, Adrien Taquet sur BFMTV le 20 avril.

Un plan d’action annoncé le 9 avril

Cette situation inédite de temps passé en famille, « peut exacerber les tensions familiales, de conflits ou mettre les parents en difficulté quant à leurs pratiques éducatives », a alerté Adrien Taquet, qui a identifié, avec les acteurs associatifs de terrain, et le réseau des caisses d’allocations familiales un grand « besoin d’accompagnement, d’appui, d’écoute et de conseils en matière de soutien à la parentalité ».

Pour ce faire, un plan d’action a été annoncé le 9 avril dernier. Des ressources utiles aux parents sont ainsi centralisées sur monenfant.fr. Des activités manuelles, artistiques, musicales… sont proposées tous les jours, tout comme des conseils aux parents. L’ambition de la Cnaf est d’en faire un site de référence avec un renvoi systématique vers monenfant.fr à partir des autres sites nationaux régulièrement fréquentés par les familles.

Une dizaine de lignes flechées

Le numéro vert Covid-19 (0800 130 000), mis en place par l’État, prévoit dorénavant que ses écoutants puisse renvoyer sur des lignes d’écoute identifiées comme proposant du soutien à la parentalité.

D’après le ministère et la Cnaf, « une dizaine de lignes ont d’ores et déjà été fléchées et transmises, parmi lesquelles Les Pâtes au Beurre (écoute et dialogue pour les parents), Enfant Présent (bien-être de l’enfant), SOS Parentalité (réassurance contre les inquiétudes), Enfance et Covid (grossesse, naissance, école à la maison), Apprentis d’Auteuil (décrochage et mal-être chez les ados), Enfance et Partage (soutien aux parents de bébés), Psychologues Sans Frontières (entretiens psychologiques en français et en anglais) et E-Enfance (protection de l’enfance contre le cyber harcèlement) ». Le numéro porté par la Croix-Rouge française doit lui aussi disposer du même outil.

Pour soutenir les actions d’envergure nationale, Adrien Taquet a annoncé la mobilisation d’un fonds d’accompagnement exceptionnel de 500 000 euros, qui servira à financer le fonctionnement des lignes téléphoniques existantes, l’équipement du travail à distance, ainsi que les supports de communication pour faire connaître ces services. Avec Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre en charge des Personnes handicapées, et Claire Compagnon, déléguée interministérielle Autisme et troubles du neuro développement, il a invité les parents et les professionnels à expérimenter Triple P, un programme de soutien à la parentalité en ligne. Triple P, comme Pratiques Parentales Positives, est un programme éducatif conçu pour renforcer les compétences des parents qui propose huit modules que chaque parent peut suivre à son propre rythme. Chaque module comporte des démonstrations vidéo de comportements et d’activités. le Gouvernement souhaite accompagner les familles en leur permettant d’accéder à des programmes de guidance parentale reconnus internationalement. Le Gouvernement a obtenu la gratuité du programme Triple P jusqu’au 11 mai.

Le téléphone s’est remis à sonner

Le secteur associatif s’est lui montré très actif, dès les premiers jours de confinement, tentant de maintenir le lien avec les parents. Au sein du réseau des Udaf, la Vendée propose par exemple des chroniques sur TV Vendée, une chaîne locale du conseil départemental. « Nos spécialistes – psychologue, conseillère conjugale, juriste… – y interviennent dans des chroniques de trois à quatre minutes pour aborder des questions concrètes du quotidien de la vie familiale », détaille Frédéric Rabaud. Et pour promouvoir cette émission, une campagne a été organisée sur les réseaux sociaux et auprès des adhérents de l’Udaf. « Depuis, le téléphone s’est remis à sonner », se réjouit le directeur.

L’Udaf de la Manche a quant à elle maintenu ses services de médiation familiale, par téléphone ou visioconférence, avec une hotline gratuite. « Le confinement a pu désorganiser la mécanique plus ou moins bien huilée des familles séparées. Or, quand on réorganise, les conflits renaissent. Les mêmes causes produisent les mêmes effets », résume le directeur Ugo Paris. « La médiation familiale en visioconférence n’est pas aisée. Mais faute de mieux, cela permet de faire baisser les tensions en offrant un espace de parole », admet Patrice Maurouard, médiateur familial pour l’Udaf de la Manche. Depuis l’ouverture de la hotline, il témoigne d’appels de nouvelles personnes avec des tensions qui se sont cristallisées pendant le confinement. « En attendant la signature d’une convention parentale, nous pouvons réorienter si besoin, et encourager à déposer plainte quand il y a de la violence conjugale », précise-t-il.

100 000 visites en moins de deux semaines

D’autres initiatives indépendantes ont également germé. La fondation « Ensemble pour l’éducation » a ainsi créé le site internet Enfance & Covid « afin de mettre rapidement à disposition des parents et des professionnels des fiches ressources dont les informations sont issues des recherches. En période de crise, beaucoup d’informations de toute sorte circulent sur les réseaux sociaux et il nous paraissait important de rassembler les informations scientifiquement valides sur un même site », indique Barbara Shankland, maître de conférences en psychologie positive à l’Université Grenoble Alpes. Un comité de pilotage a d’ailleurs été constitué pour l’occasion, composé d’experts et de membres de l’Observatoire de la parentalité et du soutien à la parentalité de l’Université Grenoble Alpes. Au site est également associé un numéro vert (0805 827 827). Au bout du fil, on trouve plusieurs équipes de bénévoles. Soutien psychologique et prévention par des psychologues formés à la réduction du burnout parental ; réponses aux questions liées à la grossesse et la naissance ; conseils aux professionnels de la petite enfance chargés d’accueillir les enfants des personnels soignants en période de confinement…« La plateforme a eu près de 100 000 visites en moins de deux semaines », se réjouit Barbara Shankland, qui travaille à la mise sur pied d’un programme de prévention du burnout parental qui s’appuiera sur des ateliers de parents en ligne et sur une application à télécharger. Quant au numéro vert, « avec 180 professionnels bénévoles, nous pouvons accueillir beaucoup plus d’appels qu’actuellement », insiste-t-elle.

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