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Coronavirus | 28/04/2020

Les Hauts-de-Seine accompagnent les jeunes pendant le confinement

par Rouja Lazarova
jeune enfant confinement © Julien_Leiv-AdobeStock

Le 31 mars dernier, le département des Hauts-de-Seine a mis en place le dispositif "Veille active jeunes 11-25 ans" sur le territoire de trois communes – Bagneux, Bourg-la-Reine et Fontenay-aux-Roses. Son objectif : mieux coordonner les partenaires pendant le confinement afin de repérer des situations de jeunes fragiles, de maintenir ou de créer le lien avec eux, de les accompagner vers des solutions adaptées. Car si le confinement n’est facile à vivre pour personne, pour certains jeunes, logés dans des appartements petits, victimes de violences intrafamiliales, c’est invivable.

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Le confinement a mis à rude épreuve les réseaux de partenaires intervenant auprès de la jeunesse sur certains territoires des Hauts-de-Seine. « Avec le télétravail mis en place dans l’urgence, les canaux de communication ont changé », se souvient Yann Peire, directeur de l’association Jeune dans la cité, à Fontenay-aux-Roses. Il a donc fallu recréer le lien entre les partenaires et mettre en place une nouvelle synergie dans le contexte de crise inédite.

Réseau de veille : 114 professionnels

Cette idée, portée par Philippe Da Silva, chargé de prévention au conseil départemental, a abouti à la création du dispositif « Veille active jeunes 11-25 ans », fonctionnel depuis le 31 mars dernier. « En amont, nous avons envoyé un courriel à 213 professionnels intervenant auprès de la jeunesse. 114 ont répondu favorablement à notre initiative, dont 95 extérieurs au département, répartis dans une quarantaine de structures. Il s’agit de travailleurs sociaux, de médecins, de psychologues, de juges, d’animateurs, de responsables d’équipes », précise Philippe Da Silva. Un annuaire recensant tous ces professionnels a été créé, et le réseau de veille – constitué.

Tableau de suivi

Ensuite, « Veille active jeunes 11-25 ans » a établi un tableau de suivi des personnes potentiellement vulnérables. Il comprend environ 350 jeunes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, suivis par la prévention spécialisé ou dans le cadre du plan régional pour l’insertion des jeunes (PRIJ) piloté par la préfecture et visant à prévenir la radicalisation ou encore, accompagnés par la mission locale dans le cadre de la garantie jeunes. À cela se sont ajoutés 25 situations individuelles de vulnérabilités remontées par les professionnels. « Ce document est mis à jour quotidiennement, avec les actions qui nous remontent des partenaires », affirme Philippe Da Silva.

Maintenir le lien

Depuis la mise en place du dispositif, les travailleurs sociaux et les médiateurs ont appelé près de 500 jeunes des trois territoires. Au menu des discussions – le suivi de la scolarité à distance, les difficultés rencontrées. « Le confinement n’est facile à vivre pour personne. Mais pour certains jeunes, logés dans des appartements petits, victimes de violences intrafamiliales, c’est invivable. Il faut maintenir le lien à tout prix. Et se mobiliser pour apporter des solutions », confie Yann Peire. En outre, deux comptes sur Facebook et Instagram ont été créés. On peut y trouver à la fois des contenus ludiques et des informations utiles sur la prévention et les services apportés aux jeunes.

Repérer les fragilités

Le travail de veille a permis de détecter 12 situations de violences intrafamiliales, dont 7 devraient faire l’objet d’informations préoccupantes. « Les travailleurs sociaux sont partis au domicile des parents, dans le respect des consignes de sécurité sanitaire, pour tenter de dénouer les conflits, quand cela est possible », assure Philippe Da Silva. D’autres carences ont été repéré : l’insécurité alimentaire (4 jeunes concernés), la rupture d’hébergement (3 jeunes), l’absence d’outils informatiques (12 jeunes). Mais également des problématiques de santé, liées entre autres à l’angoisse générée par le confinement.

Anticiper le déconfinement

« Veille active jeunes 11-25 ans » oriente les jeunes vers les lieux de santé et les interlocuteurs médico-psychologiques du territoire, les informe sur les points de distribution d’aide alimentaire. Elle a également réussi à fournir 4 tablettes. Ce qui pose davantage problème, c’est la question du logement. « Nous avons un jeune pour qui la collocation ne se passe pas bien. Il va quitter le logement à la fin du confinement. Nous sommes en train de voir quelles solutions mobiliser, mais ce n’est pas évident », témoigne Yann Peire. Et de relater le cas d’un jeune en errance avec un chien, et une proposition d’embauche. L’association Jeune dans la cité l’a logé dans ses locaux le temps du confinement, et cherche à tout mettre en œuvre pour lui trouver un logement pour après.

Actions collectives

Les partenaires de « Veille active jeunes 11-25 ans » cherchent également à mettre en place des actions pour remotiver les jeunes. Ainsi, par exemple, avec la coopération du centre communal d’action sociale de Fontenay-aux-Roses, deux jeunes ont pu livrer un réfrigérateur à une personne âgée. « Certains se sentent inutiles, ils s’ennuient. Nous souhaiterions les impliquer dans la distribution de l’aide alimentaire, et leur redonner le sens de l’engagement », conclut Philippe Da Silva.

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