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Coronavirus | 14/05/2020

Le dispositif de dépistage se met en place

par Christelle Destombes
Coronavirus Covid-19 © AVAKAphoto-AdobeStock

Jour J du contact tracing : le 13 mai 2020, le décret en Conseil d’État qui organise "les modalités relatives aux systèmes d’informations destinées à permettre l’identification des chaînes de contamination du virus Covid-19 et assurer le suivi et l’accompagnement des personnes" est paru au Journal officiel. Nicolas Revel, directeur général de la Cnam, en a présenté les principes lors d’un rendez-vous organisé par l’Association des journalistes de l’information sociale : si son "ampleur est inédite", le dispositif s’appuie sur "les fondamentaux des approches épidémiologiques liées aux maladies graves, dont trente-quatre dites à déclaration obligatoire", a-t-il rappelé.

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Coronavirus : les professionnels de la santé et du social répondent présents

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Au niveau 1 d’une chaîne d’acteurs embrigadés – mais le mot de brigade a disparu –pour remonter les chaînes de contamination, contacter les personnes et les mettre sous protection, les médecins généralistes ou autres, qui portent un diagnostic par PCR ou IRM. Ils sont chargés de signaler ces patients et leurs cas contacts par téléservice.

Au niveau 2, l’assurance-maladie appelle ces cas contacts, les invite à se faire tester, à respecter une quatorzaine, à porter un masque. « C’est un engagement fort de l’assurance-maladie », souligne Nicolas Revel, qui devrait « mobiliser 6 500 collaborateurs pour assurer une plateforme de 4 500 personnes présentes chaque jour, sept jours sur sept, de 8 heures à 19 heures ».

Au niveau 3, les agences régionales de santé (ARS) gèrent les cas complexes et notamment les établissements médico-sociaux où il s’agira de mettre en place « une riposte d’une autre nature, avec des politiques de tests systématiques pour l’ensemble des résidents ».

Le fichier Si-Dep doit permettre de sécuriser le contact-tracing

Le fichier Si-Dep (système d’information national de dépistage) enregistre quant à lui les données des résultats des tests PCR réalisés en France, pour suivre la circulation du virus. Pour l’assurance-maladie, il doit permettre de « sécuriser le contact tracing, de voir si toutes les personnes ayant reçu un test positif sont intégrées dans une recherche de cas contacts ».

Nicolas Revel a insisté sur les garanties juridiques fortes mentionnées dans le décret, la question des données de santé ayant fait l’objet de débats passionnés et d’une saisine du Conseil d’État. « Les patients ne sont contraints à rien », tout est sur la base du volontariat, et un droit d’opposition est prévu.

Pour que le système fonctionne, il faut « une bonne compréhension de ce que nous faisons de la part de tous », et une bonne réactivité du système.

Une inquiétude, pour Nicolas Revel : la capacité d’accéder à un médecin traitant en cas de suspicion de Covid… La Cnam avait recensé les médecins prêts à prendre des patients Covid en plus de leur patientèle en mars et à nouveau ces derniers jours. Un numéro d’appel sera probablement mis en place afin d’orienter les malades sans médecin traitant, vers des cabinets médicaux Covid.

Près d’un million de téléconsultations par semaine

Un enseignement fort de la période, pour le directeur de la Cnam, c’est le décollage de la téléconsultation : 45 000 médecins se sont approprié la technique, et près d’un million de téléconsultations par semaine ont été réalisées. Pour 80 % d’entre elles, elles ont été pratiquées par des médecins et des patients qui se connaissent, ce qui valorise le modèle prôné par la Cnam d’un « instrument dans la palette du médecin, dans une relation thérapeutique qui alterne du présentiel et de la téléconsultation ».

Certains professionnels l’ont expérimenté pendant cette période, ainsi les sages-femmes, orthophonistes, kinés, etc. P

our que le télésoin continue après la crise, Nicolas Revel estime qu’il faut anticiper et procéder à des évaluations par la Haute Autorité de santé (HAS), puis à un travail conventionnel classique pour en fixer les conditions de réalisation et de facturation. En revanche, il ne juge pas « intuitif » sa prise en charge à 100 % en condition normale.

Aides financières : de 300 à 400 millions d’euros

Nicolas Revel a par ailleurs précisé que près de 103 000 professionnels de santé avaient demandé à bénéficier de l’aide financière créée pour compenser les pertes d’activité liées au coronavirus et au confinement. Le montant validé n’est pas encore connu, mais pourrait atteindre 300 à 400 millions d’euros.

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