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Parentalité | 22/06/2020

En Haute-Savoie, le réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents organise la participation

par Michèle Foin
réseau © Tryfonov_AdobeStock

En Haute-Savoie, le réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents impulse une démarche participative de tous les acteurs. Pour donner du sens aux actions.

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Famille : le soutien à la parentalité cherche sa lisibilité

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Le réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (Reaap) de Haute-Savoie, l’un des plus anciens de France, fête ses vingt ans en 2020. « En 1999, les partenaires institutionnels sont allés sur le terrain pour solliciter les acteurs locaux. D’emblée une démarche participative s’est mise en place, avec la décision très rapide de créer un poste d’animatrice coordinatrice », témoigne Véronique Montarou, l’actuelle animatrice du réseau.

Sentiment d’appartenance

La force du Reaap réside dans son organisation qui mêle étroitement les institutions, les fédérations impliquées dans le soutien à la parentalité, et les acteurs du territoire. Ainsi, aux côtés du comité de pilotage et de financement, qui réunit les partenaires institutionnels, se trouve un comité départemental d’animation qui suit la vie du réseau. Il est composé de trois collèges : un collège institutionnel (la CAF, l’Éducation nationale, le conseil départemental), un collège de représentants des quatre territoires du département, et un collège de têtes de réseau (Fédération des MJC, des centres sociaux, des parents d’élèves). Un comité d’experts vient également nourrir la réflexion sur la parentalité.

« Le comité départemental fait remonter les besoins, mais prend aussi part aux décisions. C’est une mine ! On croise les informations, on analyse les besoins, et on trouve des solutions ensemble », explique l’animatrice. Les décisions sont ainsi alimentées par le terrain et proposées aux institutions qui les valident. « Ce sont ces allers-retours qui permettent de donner du sens aux actions », insiste Véronique ­Montarou. Surtout, du point de vue des différents acteurs, cela crée un sentiment d’appartenance au Reaap, un écueil que bien d’autres réseaux ne parviennent pas à éviter.

Maillage

Cette démarche participative est rendue possible par le travail à temps plein de l’animatrice de réseau. Elle organise ainsi des journées de réflexion thématiques deux fois par an, ainsi que des formations courtes pour les acteurs du réseau, en fonction de besoins identifiés. En 2019, une journée sur l’interculturalité et la parentalité a ainsi été montée. L’année précédente, les partenaires ont pu réfléchir à l’accueil des parents, ou s’interroger sur le renouvellement du public. Véronique ­Montarou anime également des groupes de travail thématiques par dispositif : points infos famille, lieux d’accueil enfants parents, relation famille école… « Toutes ces journées de réflexion font progresser la pertinence des réponses apportées sur le territoire, afin de coller au mieux aux attentes des parents. D’où l’importance de les associer à leur mise en place », affirme-t-elle. La coordination du réseau permet également un maillage d’actions sur tout le territoire. « Je suis là pour répondre aux demandes d’acteurs potentiels, pour leur présenter le Reaap et discuter avec eux des projets qu’ils envisagent ». Une dynamique d’autant plus importante à entretenir qu’un appel à projets est relancé chaque année.

« Les parents ont besoin de réassurance » – Annie Zoz, chargée de développement famille parentalité, pilote CAF du Reaap 74, caisse d’allocations familiales de Haute-Savoie (1)

« Je participe aux instances départementales et techniques du Reaap, aux côtés d’un pilote du conseil départemental. C’est moi qui étudie les dossiers de subvention, décide et définis les montants lors des appels à projets annuels du Reaap. Certes, chaque année, les porteurs de projet doivent redemander une subvention, mais c’est une garantie de souplesse et de vigilance. Rares sont les groupes de parole qui existent depuis vingt ans ! L’animatrice est aussi là pour s’assurer que les actions proposées répondent à des besoins locaux. Il ne s’agit pas de financer des actions préformatées et automatiques. Elle favorise les échanges sur les pratiques entre acteurs, ce qui permet la prise de recul nécessaire pour faire évoluer le service rendu aux parents. La parentalité ne se vit pas de la même façon aujourd’hui qu’il y a vingt ans. Les parents reçoivent beaucoup d’informations qu’ils vivent souvent comme des injonctions. Ils ont besoin de réassurance. Nous partons de l’expression du besoin pour construire des réponses. »

Note (01)

Contact : Annie Zoz, chargée de développement famille parentalité, reaap74@cafannecy.cnafmail.fr - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 1 animatrice à temps plein.
  • 119 acteurs labellisés Reaap74.
  • 210 actions financées.
  • Financements : Cnaf, CAF 74 et conseil départemental 74.
  • 140 000 euros de subventions distribuées aux acteurs.
Thème abordé

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