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AIDE A DOMICILE : 02/02/2012
Yves Vérollet, 59 ans, est devenu, début 2012, directeur général de l'Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles (UNA). Il succède à Emmanuel Verny.
Quel parcours vous a amené à la tête de l'UNA ?
Si j'ai été, au début de ma carrière, cadre à la Poste, je côtoie le monde de l'économie sociale et solidaire - et celui de l'aide à domicile en particulier - depuis de longues années. Via mes fonctions à l'ex-Conseil économique et social, où j'ai été rapporteur d'avis sur les services à la personne, la dépendance,.... Via mon rôle à la CFDT également, où j'ai notamment été en charge des questions liées à l'assurance maladie au moment de la réforme «Juppé» de 1996.
A la fois opérateur de service et mouvement social, l'UNA a une vision de l'évolution de notre système de protection sociale qui correspond aux valeurs que je défends en tant que citoyen, avec l'idée de conserver un socle de solidarité nationale fort, de ne laisser personne sur le bord du chemin. J'ai également été attiré par la diversité de ses activités, qui ne se limitent pas à l'aide à domicile. L'implantation d'UNA dans le champ sanitaire (services de soins infirmiers à domicile, centres de soins...) lui permet de participer aux débats sur la réorganisation du système de santé dans son ensemble. Impliquée dans le secteur de la petite enfance, elle peut aussi apporter des réponses aux familles, en matière de conciliation entre vie familiale et professionnelle notamment.
Vous arrivez à l'UNA dans une période de crise. Quelle est votre stratégie ?
Comme le confirme le récent rapport de la députée Bérengère Poletti (1), la crise de l'aide à domicile est plus structurelle que conjoncturelle. La situation exige bien sûr de nouveaux apports financiers. Mais en attendant une réforme du financement de la dépendance, nous pouvons déjà revoir le mode de tarification. C'est le sens de la réforme que nous avons élaborée avec l'Assemblée des départements de France (ADF) et quinze autres fédérations.
Dans son rapport, Bérengère Poletti prend ses distances avec ce projet...
Il me semble que cette posture est politique. Nous sommes actuellement pris en otage entre la gauche et la droite sur ce dossier. Cela dit, si nous ne voulons pas que ce projet de réforme soit l'objet d'attaques, il nous faut l'expérimenter dans un nombre suffisant de départements pour pouvoir l'évaluer et, éventuellement, l'amender. Pour l'instant, une seule expérimentation est en cours dans le Doubs, et une dizaine d'autres sont dans les starting-blocks. Une réunion doit être organisée ce mois-ci entre l'ADF et les fédérations pour faire le point et lancer la dynamique. Roselyne Bachelot a également annoncé la parution prochaine d'un cahier des charges qui encadrera ces expérimentations.
Bérengère Poletti évoque notamment les «effets pervers» (inflation des coûts, éviction des patients les plus «lourds»...) qui résulteraient du passage au forfait global, que vous préconisez.
Ce sont justement ces effets pervers que nous souhaitons éviter, en ajustant mieux la tarification à la progression de la dépendance des personnes accueillies. Mais à terme, il faudra forcément mettre des financements supplémentaires dans le système. En attendant, le rapport «Poletti» propose de jouer sur les taux d'effort entre Gir 1-2 et Gir 3-4, afin de mieux solvabiliser les personnes les plus dépendantes. Si nous devons raisonner à enveloppe égale, ce n'est pas la plus mauvaise solution...
Que vous inspire la création d'un tarif socle ?
Nous ne sommes pas contre l'idée d'élaborer un référentiel national des prestations d'aide à domicile, qui soit ensuite décliné en fonction des particularités locales. Mais notre crainte est que dans le contexte budgétaire actuel, ce tarif socle soit appliqué systématiquement et partout, devenant en quelque sorte un tarif plafond.
Et la réforme de l'agrément ?
Le secteur avait été très satisfait de l'intégration, en 2002, des services d'aide à domicile dans le champ médico-social. Il a donc été choqué par la loi «Borloo» de 2005 qui a créé un droit d'option entre agrément et autorisation. La proposition de Bérengère Poletti de placer l'agrément qualité sous l'égide des agences régionales de santé, donc du secteur médico-social, est un point positif : progressivement, nous revenons aux sources. Mais conserver un double régime agrément/autorisation ne sera pas viable à terme.
Quelles seront vos autres priorités dans les prochains mois ?
Nous allons observer la façon dont les crédits du fonds de restructuration de l'aide à domicile vont être distribués par les agences régionales de santé (ARS). Ces instances sont plus ou moins familiarisées avec le secteur médico-social, il y aura peut-être des ajustements à effectuer. Nous souhaitons mettre cette période à profit pour que nos structures rencontrent les ARS et leur exposent la façon dont elles peuvent contribuer à une meilleure articulation entre le sanitaire, le social et le médico-social. L'aide à domicile peut apporter des réponses non-médicales pour lutter contre les hospitalisations inutiles, par exemple, ou prendre le relais lors des sorties de maternité précoces.
L'autre chantier important est la mise en place de la nouvelle convention collective de branche, qui bouscule quelque peu nos associations. La couverture santé, par exemple, est une grande avancée, mais elle pose des problèmes techniques.
Enfin, nous venons de transmettre aux candidats les grandes lignes de notre «programme» présidentiel. Nous y rappelons notamment la nécessité de restructurer le secteur de l'aide à domicile et de mettre en place un mécanisme de financement basé avant tout sur la solidarité collective. Notre crainte, aujourd'hui, est que nous allions vers un système à deux vitesses, avec des services pour les familles aisées et des services pour celles qui ne peuvent plus payer les restes à charge.
Nous souhaitons également que les pouvoirs publics continuent à développer l'accueil de la petite enfance, où les besoins restent importants. L'UNA, qui gère déjà 350 structures sur le territoire, peut apporter des réponses diversifiées aux nouveaux besoins des familles, en combinant accueil collectif, individuel et périscolaire. Nous expérimentons également, en ce moment, des centres de ressources, pour accompagner les particuliers employeurs dans leurs démarches.
(1) «Mission relative aux difficultés financières de l'aide à domicile et aux modalités de tarification et d'allocation de ressources des services d'aide à domicile pour publics
fragiles», www.solidarite.gouv.fr
Propos recueillis par S.L.
PROTECTION SOCIALE : 11/05/2012
PETITE ENFANCE : 04/05/2012
PRESIDENTIELLE 2012 : 27/04/2012
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CONSEIL GENERAL DE L'EURE
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