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SANTE PUBLIQUE : 03/02/2012
C'est le principal enseignement du dernier baromètre présenté le 2 février 2012 par l'Afipa, « Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable » qui regroupe les entreprises du secteur : les ventes de médicaments délivrés sans ordonnance ont progressé de 1,9 % en valeur en 2011, alors que dans le même temps, celles de médicaments de prescription diminuaient de 1,3%.
L'automédication représente dorénavant en France un marché de 2,1 milliards d'euros, soit « le second marché des pharmacies et le premier marché des produits non remboursés, s'est félicité le 2 février, Jean-François Derré, Directeur Associé de Celtipharm, qui a réalisé l'étude.Les voies respiratoires, locomotives du secteur
Quatre « familles » de médicaments sans ordonnance sont en grande partie à l'origine de la progression du secteur. Tout d'abord les antalgiques (386 millions d'euros de chiffre d'affaire), second marché de l'automédication, qui progresse de 6,4 %. Viennent ensuite les vitamines et suppléments minéraux (119 millions, + 15,9 %). Les produits liés aux voies respiratoires (+ 1,5 %) restent le premier marché de l'automédication (515 millions d'euros), « malgré l'absence d'épidémie de grippe en 2011 », souligne l'Afipa. Enfin, les ventes de substituts nicotiniques progressent également (+ 9,6 %, à 81 millions d'euros), ce secteur bénéficiant notamment de « deux éléments essentiels : la hausse des prix du tabac et le développement de grands formats, avec des patchs particulièrement dosés », détaille Jean-François Derré.
Légère baisse des prix
Autre information mise en avant par ce dernier : « des prix qui n'ont pas bougé en quatre ans, d'où, du fait de l'inflation, une baisse des prix en euros constants ». Soit très exactement -3,6 % pour l'ensemble des produits d'automédication à prix libre qui ont permis, selon Antoine Bon, Vice-Président de l'Afipa, que « le prix du panier de soins baisse en moyenne de cinquante centimes sur trois ans », de 10,98 à 10,47 euros. Pour Jean-François Derré, deux facteurs principaux expliquent cette baisse des prix : « la concurrence et des effets de seuil de plus en plus importants sur les prix : les pharmaciens sont de plus en plus conscients qu'il existe des prix psychologiques », au-dessus desquels les patients consommateurs n'achèteraient plus des produits en libre accès.
La France à la traîne ?
Malgré la progression des ventes de l'automédication, la France reste « en retard » puisque ce secteur ne représente « que 6 à 7 % du marché total du médicament contre 12 à 13 % dans beaucoup de pays européens. Notre objectif est d'atteindre les 10 % en 5 ans », annonce le président de l'Afipa, Pascal Brossard. Ce dernier compte notamment sur l'intérêt des pharmaciens à vendre ces produits et le renforcement de leur rôle dans la chaine de soins après le vote de la loi HPST. Autres facteurs allant dans le sens d'une progression des ventes d'automédication : « des médecins moins disponibles et les effets mécaniques des déremboursements », ajoute le président de l'Afipa.
Aurélien Hélias
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