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GRIPPE H1NI : 05/02/2010
Le Pr Marc Gentilini, membre de l'Académie de médecine et ancien président de la Croix-Rouge, craint que les "erreurs graves" de la campagne contre la grippe H1N1 "ne portent préjudice au concept de vaccination".
L'ancien chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) a estimé, le 2 février 2010, qu'il faut "tirer des leçons de la crise pour ne pas recommencer". "Je suis pour la vaccination, le principe de la vaccination est remarquable, mais pas n'importe comment", dit-il, regrettant que "la grande discussion entre vaccination de masse et vaccination ciblée n'ait pas eu lieu".
Pour lui, "on ne peut pas se lancer dans une opération comme ça sans mobiliser le tissu sanitaire fondamental, le réseau des médecins généralistes et des infirmières, ainsi que les centres de vaccination des hôpitaux".
Le Pr Gentilini pointe "cette logistique beaucoup trop lourde, cette décision de faire une vaccination massive qui est grotesque et irréaliste".
Le principe de précaution, dit-il, "ce n'est pas ça, mais bien plutôt comment protéger une collectivité en fonction des dangers, des faits, des risques annoncés, des moyens disponibles".
La ministre de la santé Roselyne Bachelot répète en substance "que n'aurait-on pas dit si je n'avais rien fait et qu'il y avait eu des milliers de morts ?", a-t-il relevé.
Mais, estime le Pr Gentilini, "elle n'a pas le droit de s'abriter derrière ça". "On demande à un politique de prendre la bonne décision, non pas de choisir le pire pour se protéger soi, non pas de choisir la démesure, mais de choisir la bonne mesure". Or, "à environ trois milliards d'euros dépensés pour une grippe fantôme, on est dans la démesure".
avec l'AFP
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