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LUTTE CONTRE L'EXCLUSION : 27/08/2010
Comme pour le RSA «généralisé», accessible depuis juin 2009 aux plus de 25 ans, le RSA «jeunes» vise deux publics : les moins de 25 ans exerçant une activité à faibles revenus, qui se verront octroyer un complément de salaire, et ceux ayant épuisé leurs droits à l'allocation chômage, qui bénéficieront du RSA «socle», ex-RMI. Son montant sera calculé sur les mêmes bases que le RSA «généralisé», en fonction des revenus du foyer et de la situation familiale du bénéficiaire. Avec une différence de poids : pour y accéder, il faudra avoir travaillé au moins deux ans à temps plein, soit 3 214 heures, dans les trois années précédant la demande.
Condition d'activité
Toutes les périodes d'activité salariées ou non salariées seront prises en compte, dont les contrats en alternance et l'apprentissage, ainsi que les périodes de chômage indemnisées, dans la limite de six mois (*). Seront en revanche exclus du calcul le volontariat, le service civique, les stages... Quant aux étudiants, ils n'auront pas du tout accès à la prestation, même lorsqu'ils exercent une activité professionnelle en marge de leurs études. «Le RSA est un dispositif d'insertion professionnelle. Or, les étudiants ne sont pas dans cette logique, mais dans celle d'obtenir un diplôme», a justifié Marc-Philippe Daubresse, qui s'est une nouvelle fois refusé à prendre à son compte l'objectif de 160 000 jeunes potentiellement éligibles au RSA, avancé par son prédécesseur, Martin Hirsch : «Je suis un ingénieur et je n'aime pas que l'on fasse des prévisions au doigt mouillé», a-t-il expliqué, précisant que des objectifs plus précis pourront être avancés d'ici le début 2011.
Pour les associations et syndicats, la cible du RSA «jeunes» sera, quoi qu'il en soit, trop limitée, les conditions d'éligibilité étant très restrictives. Avoir travaillé deux ans constitue, selon la CGT, «un obstacle insurmontable» pour la plupart des jeunes, compte tenu du taux élevé de chômage chez les moins de 25 ans en activité (23% au premier trimestre 2010 selon l'Insee). «Il s'agit certes d'une avancée sociale, mais elle est très limitée, estime de son côté la présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), Nicole Maestracci. Les jeunes les plus en difficulté, ceux qui ne sont ni en formation ni en emploi, ne percevront toujours aucune aide. Or, si on veut qu'ils bâtissent un projet professionnel, il leur faut un minimum pour vivre, se loger, se déplacer !» La Fnars rappelle ainsi que le taux de pauvreté chez les jeunes s'élève actuellement à 20%, contre 13% dans la population générale.
«Notre philosophie, ce n'est pas de donner comme seule réponse aux jeunes l'assistanat. Notre valeur centrale est le travail, pour aller vers l'autonomie», répond Marc-Philippe Daubresse, qui a précisé que d'autres mesures pour les jeunes seraient annoncées d'ici la fin du mois de septembre, lors de la présentation du bilan du plan Agir pour la jeunesse.
Les premiers versements du RSA «jeunes» interviendront le 5 octobre, «sans difficultés particulières pour les CAF», estime le ministre. Une campagne de communication ciblée sera engagée d'ici là pour promouvoir le dispositif, d'une part via les lieux de prescription du RSA (conseils généraux, CAF, Pôle emploi...), d'autre part via les radios et sites internet pour la jeunesse.
(*) Les conditions d'accès au RSA «jeunes» sont précisées dans le décret n° 2010-961 du 25 août 2010 paru au Journal officiel du 26 août.
Stéphanie Lampert
SANTE PUBLIQUE : 03/02/2012
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Social : 02/02/2012
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