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SANTE PUBLIQUE : 23/02/2010
Dépistage tardif, délais de rendez-vous trop longs, mauvaise application de la loi sur l'intégration des handicapés : le Conseil économique et social (CES) pointe les lacunes de la prise en charge des troubles psychiatriques chez l'enfant et l'adolescent. Le nombre de patients pris en charge en pédopsychiatrie a augmenté de 7% depuis 2000. Pour autant, un projet d'avis du CES, présenté le 23 février 2010, dresse un état des lieux critique.
Rapporteur du projet et père d'enfants autistes, Jean-René Buisson a témoigné de "l'espèce d'épuisement permanent" que subissent parents et associations. "L'accompagnement des familles est très en retard et très inégalitaire", a-t-il souligné, posant notamment le problème de l'intégration scolaire. "L'intégration en milieu ordinaire nécessite un réseau, une énergie et des moyens financiers" qui créent des injustices, a-t-il ajouté.
La loi «Handicap» du 11 février 2005 est "globalement un échec", a-t-il estimé, soulignant qu'"une volonté politique doit se manifester" pour qu'elle s'applique effectivement dans tous les établissements scolaires. Il a précisé avoir dû lui-même scolariser ses enfants dans une école privée, au prix d'efforts renouvelés chaque année pour recruter, et financer, des auxiliaires de vie scolaire. Le projet d'avis réclame la création d'un statut pour ces auxiliaires de vie scolaire, et une formation adaptée.
Il recommande par ailleurs de "mieux définir le rôle des psychologues, très souvent peu valorisé", et qui peuvent jouer "un rôle essentiel" dans le pré-diagnostic voire le début de la prise en charge. Le délai d'obtention d'un premier rendez-vous en vue d'un bilan global pour un enfant dont on pense qu'il peut présenter un trouble peut atteindre une année, a déploré Jean-René Buisson. C'est un "goulet d'étranglement", a-t-il souligné. "Les files d'attentes se sont beaucoup allongées, c'est vrai, mais parce que il y a eu aussi une espèce de psychatrisation généralisée de tout et de rien", a pour sa part regretté Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie à l'hôpital Necker (AP-HP). "Il faudrait re-hiérachiser l'urgence des demandes", a-t-il déclaré, estimant aussi nécessaire de "faire de l'éducation des parents".
En matière de prévention, le projet d'avis préconise de mieux former les médecins, mais aussi de sensibiliser les enseignants au repérage des troubles. L'éducation nationale a "un rôle clé", a estimé Jean-René Buisson, soulignant que c'est souvent au contact de la première collectivité qu'apparaît "le côté différent" d'un certain nombre d'enfants.
Le projet d'avis recommande une journée de sensibilisation "systématique" pour les enseignants de maternelle, une "revalorisation de rôle du médecin scolaire", ainsi que la mise en place de "psychologues référents" au niveau de l'académie.
Pour les adolescents, le rapport recommande la mise en place d'un suivi pour les jeunes en "voie de rupture scolaire", qui pourrait aller jusqu'au signalement auprès des services sociaux.
Jean-René Buisson a souligné qu'il s'agissait de propositions "pragmatiques", le "seul point ambitieux" du projet d'avis étant de réclamer "un plan pluriannuel".
Avec l'AFP
SANTE PUBLIQUE : 03/02/2012
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Social : 02/02/2012
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