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Exclusion : Février 2010

A Chevilly-Larue, bien au-delà de l'aide alimentaire

Fruits et légumes frais

Une commission, composée de représentants de l'épicerie solidaire, du conseil général du Val-de-Marne, de la ville et du centre communal d'action sociale de Chevilly-Larue, se réunit tous les quinze jours pour étudier les demandes d'admission. La mise en place d'un projet conditionne l'acceptation des dossiers. Une famille ayant une dette de loyer va, par exemple, s'engager à la combler grâce aux économies faites sur son budget alimentation. Les bénéficiaires peuvent s'approvisionner pendant trois mois, durée renouvelable une fois. Le montant des achats est plafonné à 25 euros par semaine pour une personne seule qui, comme elle ne paie que 10 % de la valeur des produits, déboursera en fait 2,50 euros.
Sol'épi offre tous les articles que l'on trouve dans un commerce d'alimentation générale. « Dans le cadre du Programme national d'aide alimentaire, nous avons des bons d'achat qui nous permettent de nous procurer des produits alimentaires », explique Marie Bigot, responsable de l'épicerie. Soucieuse des différents modes culturels des bénéficiaires, l'épicerie s'adapte à leurs besoins. Elle propose aussi des fruits et des légumes frais en faisant appel au chantier d'insertion Le Potager de Marianne.
La création de Sol'épi est le fruit d'une rencontre entre l'Association nationale de développement des épiceries sociales et solidaires (Andes) et la municipalité de Chevilly-Larue. L'idée a vu le jour en juillet 2008, pour se concrétiser l'année suivante. La ville a préempté la location d'un local de 200 m 2 et a financé les travaux de rénovation, soit 170 000 euros. Elle met gratuitement ce magasin à la disposition de Sol'épi. Des dons en matériel et en mobilier d'Ikea et de Simply Market ont permis d'équiper le lieu.
Le rôle de la nouvelle épicerie a été défini avec l'aide de structures œuvrant dans l'accompagnement de personnes en difficulté : la CAF, le conseil général et des associations. « Chaque nouvel accédant est reçu une demi-journée. Nous lui expliquons le fonctionnement de l'épicerie. Nous lisons ensemble le règlement intérieur, puis nous signons un document intitulé engagement réciproque », détaille Marie Bigot.

Estime de soi

L'un des objectifs de l'épicerie étant de favoriser l'insertion sociale, elle propose des ateliers et des animations, auxquels l'accès est gratuit. C'est grâce à un travail de coordination avec les travailleurs sociaux qu'elle peut répondre aux préoccupations des bénéficiaires. Elle suggèrera par exemple à une famille ayant des factures téléphoniques trop élevées d'assister à l'atelier « comment choisir son opérateur téléphonique ? ».
D'autres ateliers, notamment sur l'estime de soi, sont aussi prévus. « Le but est de valoriser la personne présente, indique la responsable. L'épicerie peut intervenir sur de nombreux thèmes, selon les projets des bénéficiaires, comme l'emploi, la formation, la santé ou le rapport au corps. Cela peut prendre la forme d'atelier ou d'action d'information. »

Frédérique Van Her

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