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DELINQUANCE : Mai 2009
En partenariat avec la justice, la communauté d'agglomération du Val-d'Oise accueille depuis 2003 des jeunes gens ayant commis un délit.
Fruit d'une convention entre la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), le service pénitentiaire d'insertion et de probation (Spip) du Val-d'Oise et la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, l'accueil de personnes effectuant une réparation pénale ou condamnées à des travaux d'intérêt général (TIG) est assuré depuis 2003 par la collectivité.
« C'est une façon d'honorer notre responsabilité sociale, de promouvoir et de soutenir les actions en faveur d'une réponse judiciaire lisible et adaptée », explique Anne Morin Pellet, en charge de la mission prévention-sécurité de la communauté d'agglomération et du pilotage du CLSPD (*) intercommunal. Elle poursuit : « Cet accueil nous permet d'accompagner la justice dans le prononcé de mesures alternatives à l'incarcération. Un emprisonnement pour un petit vol n'est pas la mesure la plus appropriée. »
Cergy-Pontoise a déjà reçu une trentaine de personnes effectuant des TIG ou une réparation pénale (lire l'encadré), qu'elle a confiées à six agents volontaires de différents services, tels que la restauration, la reprographie ou l'entretien des locaux sportifs. L'âge moyen de ces jeunes est de 20 ans et leurs délits divers : conduite en état d'ivresse, vol, actes de violence modérée.
« Le sur-mesure et la qualité de l'accueil sont les clés de la réussite, affirme Frédéric Krautter, éducateur spécialisé de la communauté d'agglomération, chargé de la supervision du dispositif. Ce sont les goûts des personnes et leur tempérament qui déterminent le service où nous les plaçons. Ensuite, nos tuteurs savent vite les mettre en confiance. Dès qu'ils comprennent qu'ils seront traités dignement, ces jeunes sont plutôt généreux dans leur travail. » « Nous collaborons très bien avec Cergy-Pontoise, le fait que le superviseur est aussi éducateur constitue un atout », note pour sa part Christine Maisonneuve, éducatrice de la PJJ.
La mise en place de cette action a demandé de vaincre quelques réticences : au sein de la hiérarchie, qui redoutait que le tutorat ne désorganise le service, mais aussi des agents, qui craignaient pour leur sécurité. Des réunions, des courriers et surtout le bouche à oreille, après les premières expériences réussies, sont venus à bout de la plupart des appréhensions. D'autant que les difficultés restent mineures : non-respect des horaires voire manque d'assiduité, aussitôt signalés au référent de la PJJ ou du Spip. « Il arrive que des jeunes n'aillent pas jusqu'au bout de la mesure, mais nous n'avons jamais eu de gros pépin », affirme Anne Morin Pellet.
Si ce dispositif contribue à ouvrir au monde du travail des jeunes en difficulté, il permet aussi de valoriser les tuteurs, même si leur surcroît de travail est indéniable et non indemnisé. Par ailleurs, l'ensemble des agents qui côtoient les personnes accueillies - généralement issues de quartiers d'habitat social - tendent à se défaire d'un certain nombre de préjugés à leur égard.
Les bénéfices de cette action restent cependant difficilement quantifiables. « La justice ne dispose pas d'outil statistique adapté pour évaluer l'impact des TIG et de la réparation pénale sur la récidive, ce qui ne facilite pas la promotion de ce type de mesure », regrette Anne Morin Pellet.
Bénédicte Fiquet
: Janvier 2012
HÔPITAL : Janvier 2012
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