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PETITE ENFANCE : Avril 2009
Des camping-cars servent de halte-garderie en milieu rural.
Après quatre ans de réflexion et d'intenses tractations, Valérie Lepever, travailleuse familiale de formation, lançait, en 2002, son premier « bébébus » sur les routes de l'Yonne. Une formule de halte-garderie nomade qu'elle a ensuite exportée dans le Morbihan, son nouveau département de résidence.
Le bébébus est un camping-car transformé en nursery, selon un cahier des charges établi avec des médecins de la protection maternelle et infantile de l'Yonne. Il s'arrête chaque jour dans une petite commune rurale différente pour accueillir une quinzaine d'enfants âgés de 4 mois à 6 ans. Ces derniers sont encadrés par une équipe de professionnels de la petite enfance : une éducatrice de jeunes enfants, une auxiliaire de puériculture et, si besoin, une, voire deux animatrices. Ils dorment et sont changés dans le camping-car, le reste de la journée se déroulant dans une salle mise à disposition par la commune.
Trois bébébus, gérés par l'association Igloo 89, circulent dans l'Yonne, et deux véhicules ont été inaugurés dans le Morbihan en juin et octobre derniers, qui dépendent d'une autre association, Igloo 56. Chaque commune paie 16 000 à 18 000 euros par an pour un passage du bébébus par semaine. Les familles, quant à elles, contractualisent avec l'association, comme dans le cas d'une structure classique, et s'acquittent d'un forfait calculé selon les barèmes de la caisse d'allocations familiales.
Directrice et salariée d'Igloo 56, Valérie Lepever n'imagine pas, pour l'instant, étendre l'expérience au territoire national, mais projette de nouvelles mises en circulation dans son département. Son objectif premier est d'offrir un mode de garde alternatif qui, même limité à une journée par semaine, peut rendre un grand service à des familles n'ayant pas accès à des structures d'accueil et vivant parfois de façon isolée. « Le fait de se rendre régulièrement au bébébus incite les parents à créer des liens, explique-t-elle. En ayant du temps libre, des mamans peuvent entreprendre des démarches administratives ou de retour à l'emploi. De plus, des travailleurs sociaux nous adressent des familles en situation de grande fragilité afin que leurs enfants puissent fréquenter un lieu de sociabilisation. Malheureusement, nous ne touchons pas encore les personnes les plus isolées qui, probablement, n'osent pas venir vers nous. »
Si les élus ont adhéré à cette formule itinérante, analyse Valérie Lepever, « c'est parce qu'elle rend service à plusieurs communes sans en favoriser une en particulier et qu'elle est fort pratique : rien à construire, pas de personnel à mettre à disposition, le dérangement se limitant au prêt de la salle et à sa mise aux normes de sécurité ». Les communes engagées dans le processus ont également trouvé là l'occasion d'évaluer, précisément, les besoins de garde de leurs administrés. Dans l'Yonne, la communauté de communes de la vallée du Serein a ainsi ouvert, à Pontigny, une halte-garderie classique.
Valérie Lepever est régulièrement contactée par des élus ou des professionnels de la petite enfance intéressés par son initiative. Afin d'aider au développement de structures semblables aux bébébus, créatrices à la fois de services et d'emplois (environ quatre temps pleins par bus) dans des zones rurales touchées par le chômage, elle milite pour que son activité soit reconnue : « La halte-garderie itinérante n'est mentionnée dans aucun décret, contrairement aux microcrèches, qui sont pourtant plus récentes. »
Sophie Le Gall
: Janvier 2012
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