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SANTE : Septembre 2009
Détachés par un centre hospitalier dans un service d'urgence du CCAS, des infirmiers apportent un lien et une approche complémentaires.
Les travailleurs sociaux du service d'accueil et d'accompagnement social (Saas) du centre communal d'action sociale (CCAS) de Besançon bénéficient d'une aide précieuse : des infirmiers psychiatriques sont intégrés à leur équipe. Ceux-ci gèrent notamment l'hébergement d'urgence et l'accès aux soins, pansent les petits bobos, suivent les sorties d'hospitalisation, détectent des états pathologiques et orientent vers le dispositif de droit commun (centres médicopsychologiques, hôpitaux, etc.) une population en situation précaire au sein de laquelle la maladie mentale et les conduites addictives sont omniprésentes.
La non-demande
Par convention avec le CCAS (*), le centre hospitalier de Novillars, spécialisé en psychiatrie, met des infirmiers à la disposition du Saas. Quatre théoriquement. Cependant, face à la pénurie de professionnels, le dispositif, nommé « atelier santé de proximité », doit se contenter de deux infirmiers. « La priorité est actuellement de pourvoir les postes vacants à l'intérieur de l'hôpital, alors que privilégier le travail en externe pourrait constituer une alternative à l'hospitalisation », regrette Aline Chassagne, infirmière de secteur psychiatrique, détachée au Saas depuis trois ans.
La jeune femme reçoit dans les locaux du Saas tous ceux qui le souhaitent. Elle est sollicitée par les travailleurs sociaux pour participer à un premier entretien ou parce qu'une personne est en crise. Joignable en permanence, elle intervient dans les centres d'hébergement d'urgence, les accueils de jour et dans la rue, à la rencontre des plus rétifs à un suivi.
« Il faut savoir dépasser la non-demande, explique-t-elle. Cela passe par des gestes simples : serrer la main, prendre des nouvelles, avec la santé comme fil conducteur. Souvent, les soins somatiques permettent de créer le lien, pour travailler ensuite à un soin plus relationnel. » Un lien à entretenir, pour laisser à la confiance le temps de s'installer. « L'important est que les gens sachent où nous trouver et d'aller au-devant de ceux qui ne réclament rien. Ainsi, nous réussissons à savoir quand il y a un souci ou à convaincre de la nécessité d'une hospitalisation, par exemple », observe Aline Chassagne, qui déplore de ne pouvoir effectuer des permanences plus régulières dans les différents lieux d'accueil, faute de temps.
« Face à des personnes souvent "borderline", il est difficile de savoir s'il s'agit d'une pathologie ou non, souligne Françoise Billard, assistante sociale au Saas. Les infirmiers n'ont pas toujours la même évaluation que nous. » Chaque semaine, travailleurs sociaux et infirmiers se réunissent pour évoquer des cas précis, élaborer des stratégies concertées. « C'est essentiel d'échanger nos visions. Le soin prend du temps, il faut aider les travailleurs sociaux à l'accepter », note Aline Chassagne, qui effectue également chaque mois un debriefing avec un psychiatre référent.
Partage d'information
Françoise Billard ne se verrait plus « travailler seule » : « Lorsque les infirmiers sont absents, nous nous sentons démunis face à certaines situations. Le partage d'information n'est pas le même avec les médecins, qui ne nous rapportent pas forcément ce qui s'est passé lors d'une hospitalisation. »
Caroline Lefebvre
: Janvier 2012
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