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SANTE PUBLIQUE : Janvier 2012
Depuis l’été dernier, le matériau, antibactérien, est expérimenté dans deux services du centre hospitalier de Rambouillet.
«Face à des germes et des bactéries de plus en plus résistants aux traitements antibiotiques, mettre l'accent sur la prévention des maladies nosocomiales constitue une priorité », affirme le docteur Patrick Pina, chef du service d'hygiène du centre hospitalier de Rambouillet (Yvelines). L'été dernier, les poignées de porte, les barres de déambulation et les plaques de propreté des services de pédiatrie et de réanimation y ont été recouvertes de cuivre, un matériau naturellement antibactérien. Une première en France.Etude in situ
Le Centre d'information du cuivre, laiton et alliages (Cicla), à l'origine de l'initiative, finance l'intégralité de l'opération. Celle-ci marque le point de départ d'une étude clinique destinée à confirmer l'efficacité du matériau pour réduire les risques de maladies nosocomiales. « Des expériences en laboratoire ont déjà démontré que le cuivre n'a besoin d'aucun additif pour éradiquer 99,9 % des bactéries d'une surface, en moins de deux heures », précise Olivier Tissot, directeur du Cicla. L'étude menée à l'hôpital de Rambouillet, dont les résultats seront connus fin 2012, vise à confirmer ce phénomène in situ. Si elle s'avère concluante, l'opération « pourrait, à terme, être étendue aux écoles et aux transports en commun », ajoute Olivier Tissot.
Les premières expériences sur le cuivre conduites en laboratoire datent de 1983 : le professeur C. W. Keevil, aujourd'hui chef du service de santé environnementale à l'université de Southampton (Royaume-Uni), a observé que les staphylocoques étaient totalement désactivés après seulement une heure trente sur le cuivre, et quatre heures trente sur le laiton (alliage de cuivre et de zinc). Cela, alors qu'ils n'étaient absolument pas affectés par l'acier inoxydable. Puis, en 2008, l'Agence américaine pour la protection de l'environnement (APE) a homologué le cuivre et ses alliages en tant qu'agents antibactériens. Enfin, en juillet 2011, les résultats d'une étude américaine, destinée à évaluer les effets du cuivre dans l'environnement immédiat du patient (barres de lit, boutons d'appel, etc.), ont été présentés lors de la Conférence internationale sur la prévention et le contrôle des infections, organisée à Genève en partenariat avec l'OMS. Ils ont montré une réduction de 40 % du taux d'infections nosocomiales dans les établissements équipés.
Services « sensibles »
En France, un patient sur vingt contracte à l'hôpital une maladie qu'il n'avait pas lors de son arrivée, soit 750 000 cas chaque année. Et les maladies nosocomiales tuent 3 500 personnes par an. Pour autant, l'hôpital de Rambouillet n'a pas jugé opportun d'équiper l'ensemble des parties communes. « Sachant que 80 % des maladies infectieuses sont transmises par contact, relève Patrick Pina, des installations en cuivre n'ont d'intérêt que dans les services très sensibles. Par exemple, celui de réanimation, où le système immunitaire des patients est très fragilisé et les cas de transmission de virus et de bactéries par l'environnement élevés, ou en pédiatrie, où l'on constate un important passage de visiteurs et de fréquentes épidémies de bronchiolite et de gastro-entérite durant l'hiver. »
Les nouvelles installations ne bousculent d'ailleurs en aucun cas le protocole d'hygiène mis en place : le cuivre n'y ajoute que son efficacité propre.
Audrey Minart
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