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Soutenir les professionnels face à la fin de vie

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Le sujet est vieux comme… la vie. Et il est particulièrement délicat : il manque encore des définitions, une culture commune, ainsi qu’une visibilité suffisante, comme le souligne l’Observatoire national de la fin de vie.
Celui-ci s’emploie justement à cerner la place de la mort en France, en particulier dans les établissements pour personnes âgées ou handicapées. Car si c’est à l’hôpital que l’on meurt encore le plus, on décède dans les structures médicosociales davantage qu’hier, notamment en raison du vieillissement de la population.
Trop souvent ignorée, la fin de vie n’est pas assez anticipée dans ces établissements. Les personnels manquent, la formation fait défaut, et il reste à prévoir un soutien pour les professionnels confrontés à des situations éprouvantes. En effet, que faire quand on n’est pas formé au traitement de la douleur, ou si l’on ne travaille pas en réseau avec une unité spécialisée ? Et face à une personne démente qui ne peut exprimer ses souhaits de fin de vie ? Ou avec une patiente isolée qui exprime une forte demande d’écoute ?
Certains directeurs volontaristes s’efforcent de soutenir tous ceux qui accompagnent ces derniers jours. Ils mettent en place des « filets de sécurité », comme à la maison médicale Jeanne-Garnier (Paris XVe), qui s’appuie notamment sur des bénévoles, ou à l’association Ariège assistance, qui prend en compte la solitude des aides à domicile face à des personnes mourantes.
Au-delà des décisions quotidiennes, certains réfléchissent au sens à donner à la fin de vie, aux réponses à apporter à des choix personnels. Ils se préparent déjà au débat sur l’ouverture du droit à l’euthanasie, l’une des promesses de campagne du candidat Hollande, dont les conclusions auront des conséquences sur leurs pratiques professionnelles. En Belgique, c’est à tous les mineurs que vient d’être étendu le « droit de mourir dans la dignité ».

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