Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Social et médicosocial | 29/04/2014

Les Pays de la Loire font rimer culture et solidarité

par Laetitia Darmon

Une charte régionale et des initiatives communales facilitent l'accès à la culture de ceux qui en sont éloignés, grâce à d'ambitieux partenariats avec des établissements culturels.

Email Email

Cet article fait partie du dossier:

L'accès à la culture à l'hôpital, un droit à promouvoir

voir le sommaire

Ils étaient quatre musiciens de l’orchestre national des Pays de la Loire (ONPL) à se rendre, début février dans la Sarthe, au foyer de vie pour personnes handicapées Anaïs (Beaumont-sur-Sarthe), puis à l’Ehpad Les Térébinthes (Parigné-l’Evêque). Les usagers de ces structures ont été rejoints par ceux d’une mission locale du Mans, de deux autres foyers de vie pour adultes handicapés, et des associations Le Grain de blé (handicap) et -Tarmac (lutte contre l’exclusion). Ensemble, ils ont écouté les musiciens jouer, présenter leurs instruments, et parler des œuvres programmées pour un concert à la mi-février au palais des congrès du Mans, auquel une partie du public devait assister. « Les personnes n’en revenaient pas que des musiciens de renom se déplacent spécialement pour elles », relate Elsa Drymael, gestionnaire de la charte « Culture et solidarité » au conseil régional des Pays de la Loire. Le jour du concert, le groupe hétéroclite a même pu assister à l’ultime répétition, dialoguer avec quelques artistes, découvrir le travail de la régie et pique-niquer dans une salle mise à sa disposition.

Adoptée en 2009, la charte a pour objectif de permettre aux personnes éloignées de l’offre culturelle d’y accéder plus aisément. Des tarifs spécifiques – inférieurs aux plus bas – leur sont consentis par des partenaires culturels. Et de telles actions de médiation et de sensibilisation visent à « démystifier les lieux de culture, et à faire tomber les barrières symboliques qui font que certaines personnes estiment que l’art ne s’adresse pas à elles, indique Elsa Drymael. Cela permet également aux équipes de travailleurs sociaux de se familiariser davantage avec les partenaires culturels, et réciproquement ». La région réfléchit d’ailleurs à des moyens de former des professionnels du secteur social – actifs ou étudiants – à la dimension culturelle.

A ce jour, huit réseaux régionaux ont signé la charte : quelque 600 établissements potentiels peuvent ainsi bénéficier de l’offre. Du côté des acteurs culturels, la charte engage 56 partenaires (ils n’étaient que 20 il y a cinq ans), en échange de financements publics, avec pour objectif d’assurer un maillage géographique aussi dense que possible.

Partenariats croisés

La dynamique semble encore mieux enclenchée dans certaines villes de la région. Une charte « Culture et solidarité » existe ainsi à Angers depuis 1998 ; et des dispositifs similaires, avec des tarifs préférentiels et des actions de médiation, se développent à Nantes, à La Flèche (Sarthe), ou à Rezé (Loire-Atlantique). « Nous observons une prise de conscience », se réjouit Elsa Drymaël, qui monte des partenariats avec ses homologues communaux. « Pour la saison prochaine, nous étudions comment proposer à ceux qui bénéficient du dispositif nantais Carte blanche des conditions préférentielles pour se rendre à l’abbaye de Fontevraud [Maine-et-Loire] ; et à l’inverse, comment des établissements non concernés par l’offre nantaise pourraient en profiter. »

 

« Priorité aux sorties gratuites »

Audrey Bréger, animatrice socioculturelle au pôle d’accueil d’urgence La Claire Fontaine, à Nantes

« Nous essayons de proposer des activités culturelles régulières, notamment grâce au dispositif nantais Carte blanche. Celui-ci est très adapté à nos publics : il y a des événements presque chaque semaine, souvent en journée, ce qui correspond à nos besoins. Comme notre budget pour l’animation – qui vise l’accès à la culture – est de 600 euros annuels en tout et pour tout, ce type de partenariats est essentiel. Cependant, je donne la priorité aux sorties gratuites, pour des questions de budget et parce que nos usagers sans papiers et sans ressources peuvent y participer. Quant aux sorties payantes, il ne faut pas qu’elles dépassent 2 ou 3 euros. Pour les personnes, c’est vraiment l’occasion de remettre un pied dans la vie sociale, de retrouver une place en tant qu’individus ; et pour nous, professionnels, le fait de sortir en petits groupes nous permet de tisser avec eux un lien différent, pour lequel nous n’avons pas suffisamment de temps au quotidien. »

 

Repères

La charte « Culture et solidarité » de la région a été signée par l’Uriopss Pays de la Loire, quatre des cinq unions départementales des centres communaux d’action sociale, la Fnars Pays de la Loire, l’association régionale des missions locales et l’union régionale des centres sociaux et socioculturels. Soit 600 établissements.

En 2013, les sorties organisées dans ce cadre ont touché 2 231 personnes (sachant qu’une personne qui serait venue à deux sorties est comptabilisée deux fois).

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>