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[TRIBUNE] Refonte de la prime pour l'emploi et du RSA activité | 09/01/2015

Prime d’activité : « l’âge ne fera pas partie des conditions de sélection » – Patrick Kanner

par Auteur Associé
Patrick Kanner, mnistre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports CG 59

Le gouvernement a annoncé la mise en place au 1er janvier 2016 d’une « prime d’activité » qui remplacera l’actuelle Prime pour l’emploi et le RSA activité. Ces deux aides étaient en effet critiquées : la PPE est versée avec un décalage par rapport à la déclaration de revenus et 68% des foyers qui ont droit au RSA Activité ne le demandent pas. Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports détaille ce nouveau dispositif qui n'oubliera pas les moins de 25 ans.

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La prime d’activité, en faire un outil de retour à l’emploi

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Tribune de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

La crise a montré à tous ce que beaucoup subissaient déjà : on peut travailler et être pauvre ; on peut travailler et avoir besoin de la solidarité nationale pour nourrir sa famille ou payer son loyer. La crise a aussi montré que les jeunes travailleurs sont plus souvent touchés par la pauvreté que les autres actifs : alors que près de 8% des actifs sont pauvres, ils sont presque 11% parmi les travailleurs de 18 à 29 ans. Évidemment, nous voulons réduire pour tous le risque de tomber dans la pauvreté. C’est le sens du plan pluriannuel que le gouvernement a mis en place en janvier 2013. Évidemment, ce sont les plus touchés que nous devons le mieux aider. C’est le sens de la priorité pour la jeunesse que le président de la République a fixée à son quinquennat.

La réforme de la prime pour l’emploi (PPE) et du RSA activité nous permet d’offrir aux jeunes le soutien financier dont ils ont besoin et qu’on leur a jusqu’alors accordé avec parcimonie. Ils en ont besoin parce qu’on leur offre plus souvent qu’à d’autres des CDD, des contrats d’intérim ; parce qu’ils connaissent plus régulièrement le chômage. On nous objectera qu’un million de jeunes touchaient la Prime pour l’emploi (PPE). C’est vrai, mais cette aide ponctuelle et décalée d’un an se réduisait à peau de chagrin, gelée depuis 2008. On nous objectera que le RSA « jeune » existe. C’est vrai, et tout le monde en constate aujourd’hui l’échec, alors que seulement 9.000 jeunes peuvent y prétendre ou l’ont sollicité.

Il y a une hypocrisie que je veux ici dénoncer : à 24 ans on est assez âgé pour connaître le « droit commun » de la précarité au travail (CDD courts, intérim, chômage…), mais on n’est pas assez âgé pour le droit commun de la solidarité aux actifs. Le président de la République et le gouvernement ont décidé de mettre fin à cette injustice en instruisant la « prime d’activité ». Ce nouveau dispositif sera mis en œuvre au 1er janvier 2016 et tous les jeunes actifs aux faibles ressources pourront y prétendre, sans condition particulière.

Nous accorderons cette prime aux travailleurs des foyers les plus modestes : des conditions d’éligibilité claires et transparentes doivent être posées. Au sein de ces foyers, nous ne discriminerons pas les travailleurs en fonction de leur âge : on peut avoir 20 ans et être soutien de ses parents ! C’est donc un nouvel et juste équilibre que nous proposons avec la prime d’activité : apporter une aide conséquente à chaque actif d’un foyer modeste, tout en posant des conditions claires et assumées de sélection de ces foyers. Mais je l’affirme ici, en tant que ministre de la jeunesse et homme de gauche, l’âge ne fera pas partie de ces conditions.

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