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Social | 31/05/2017

Un nouvel état des lieux des inégalités en France

par Laurent Thoviste
inégalités-UNE © Maccc-Fotolia

L'Observatoire des inégalités publie le 1er juin prochain son deuxième rapport sur les inégalités en France. En 176 pages et plus de 200 tableaux, l’ouvrage dresse un état des lieux complet des inégalités en France et analyse leur évolution dans de nombreux domaines : revenus, patrimoine, pauvreté, logement, éducation, santé, vie politique... Principaux enseignements.

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Les inégalités de revenus s’accroissent entre les plus riches et les plus pauvres. Ce changement constitue un tournant : depuis les années 1960, les écarts avaient tendance à s’amenuiser du fait de la hausse des niveaux de vie des plus modestes et des effets de la redistribution.

Au début des années 2000, l’écart s’est accru sous l’effet de l’envol des revenus des catégories aisées. 2,7 millions d’adultes ont un revenu supérieur à 61 000 euros par personne et par an avant impôts et prestations sociales en 2013 en France, ce qui les range parmi les 10 % les plus riches, selon des travaux réalisés à partir des données fiscales

Salaires

Le salaire net mensuel médian en équivalent temps plein s’élève à 1 772 euros selon l’Insee (données 2013). Les 10 % des salariés les moins bien rémunérés touchent moins de 1 200 euros par mois, les 10 % aux salaires les plus élevés au minimum 3 544 euros.

Tout en haut de l’échelle, les 1 % les mieux rémunérés perçoivent au minimum un salaire mensuel de 8 061 euros, soit sept mois de salaires des 10 % les moins bien payés.

Pauvreté

La France compte cinq millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,8 millions si l’on utilise le seuil à 60 %, selon les données 2014 de l’Insee.

Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 8,1 % et dans le second de 14,1 %. Au cours des dix dernières années (2004-2014), le nombre de pauvres a augmenté de 950 000 au seuil à 50 % et de 1,2 million au seuil à 60 %.

La pauvreté a fortement progressé à partir de 2008 avec l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise financière.

Depuis 2012, le taux et le nombre de pauvres stagnent selon l’Insee. Cette stagnation résulte principalement de l’extension de la crise aux couches moyennes qui ont vu leur niveau de vie baisser.

Patrimoine

Les 10 % les plus fortunés détiennent près de la moitié du patrimoine total en France, presque autant que 90 % du reste de la population (données Insee 2015).

Les 50 % les moins fortunés ne disposent que de 8 % de l’ensemble du patrimoine. Le patrimoine brut (endettement non déduit) moyen du dixième le plus riche vaut 1,25 million d’euros, soit 630 fois celui des 10 % les moins fortunés (2 000 euros) et huit fois le patrimoine médian brut (158 000 euros).

Le patrimoine net (dettes déduites) médian des ménages s’élève à 114 000 euros mais celui des ouvriers non qualifiés s’élève à 16 400 euros, celui des ouvriers qualifiés à 42 000 euros et celui des employés à 24 800 euros, les cadres supérieurs disposant d’un patrimoine de 205 000 euros.

Scolarité

Les inégalités entre milieux sociaux ont augmenté à l’école depuis les vingt dernières années. La plupart des données montrent que les milieux populaires continuent de profiter du développement de la scolarisation, sur le long terme. Mais les milieux favorisés aussi. Les écarts se déplacent vers le haut.

Toutefois, contrairement à ce que tend à laisser croire l’enquête Pisa, si l’on observe non pas les résultats mais le diplôme obtenu et le lien avec le milieu social des parents, notre pays est l’un de ceux ou le décrochage scolaire est parmi les plus faibles et où les enfants de parents peu diplômés s’en sortent mieux que la moyenne.

Chômage

Toutes les catégories sociales ne subissent pas de la même façon l’impact du manque d’emplois. Les cadres supérieurs et les professions intermédiaires sont quasiment au plein emploi avec des taux de chômage respectifs de 4 % et 5,8 % en 2015, selon l’Insee.

Le taux de chômage des ouvriers non qualifiés (20,3 %) est cinq fois plus important que celui des cadres, celui des employés (10,2 %), deux fois plus.

Au cours des trente dernières années, et en particulier au milieu des années 1990, les professions intermédiaires et les cadres supérieurs ont connu une détérioration de leur situation, mais la dégradation a été beaucoup plus forte pour l’ouvrier non qualifiés que pour tous les autres groupes sociaux. Leur taux de chômage, qui était déjà de l’ordre de 9,4 % en 1982, n’a quasiment pas cessé d’augmenter pour atteindre 16,8 % en 1999. Ce chiffre a diminué les trois années suivantes, mais il est reparti très vite à la hausse pour toucher désormais un ouvrier non qualifié sur cinq.

Logement

L’Insee évalue à 18,3 % le poids des dépenses de logement dans le revenu des ménages en 2013. Ce taux d’effort pour le logement donne un aperçu du « reste à vivre » des ménages, une fois les charges liées à l’habitation déduites.

Pour le quart le plus pauvre de la population, les dépenses de logement représentent 31,3 % de leurs revenus contre 13,1 % pour le quart le plus riche. Le poids des dépenses de logement a augmenté depuis le début des années 2000 de 16,1 % en moyenne en 2001 à 16,3 % en 2013.

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