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SANTÉ PUBLIQUE | 01/12/2013

Plan cancer : passons à une logique de soins

par GazetteSanteSocial

Groupe 2LS, « pour le passage d’une logique de structure à une logique de soins » (1)

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La démarche engagée par Jacques Chirac pour mettre en place le premier Plan cancer a permis des avancées considérables dans la prise en charge et l’accompagnement des personnes malades. De la généralisation d’une consultation spécifique à l’annonce du diagnostic, en passant par la labellisation des actes de soins et de chirurgie ou l’amélioration des conditions de « retour à la vie » (reprise du travail, emprunts bancaires, etc.), les innovations ont été nombreuses. Pour autant, maints aspects restent à améliorer, à commencer par la coordination hôpital-ville et la prise en compte des évolutions sociétales et des conséquences sociales du traitement.
Ces nouveaux besoins impliquent une nouvelle organisation. La transition épidémiologique et les progrès scientifiques ont fait passer le cancer du statut de maladie aiguë à celui de maladie « néochronique ». Les besoins des personnes malades s’en trouvent transcendés. Pensés au départ comme exclusivement hospitaliers, le traitement et le suivi s’invitent aujourd’hui au domicile du patient. Dès lors, une coordination renforcée est nécessaire entre l’ensemble des acteurs hospitaliers, ambulatoires, médico-sociaux et sociaux. Cette coordination est encore très imparfaite. A la sortie de l’hôpital, les malades doivent composer avec une diversité d’intervenants, peu coordonnés. La prise en charge doit donc être repensée, au service du malade, en passant d’une logique fondée sur les structures à une logique fondée sur les soins. C’est d’ailleurs le but du professeur Jean-Paul Vernant (1) que de rappeler la nécessité « d’adapter le système de santé aux évolutions de la prise en charge des cancers et aux modifications des modes d’implication des malades ».

«Passage de relais » entre l’hôpital et la ville.

Outre celle des pouvoirs publics, une autre logique de structuration de la coordination est à l’oeuvre : celle impulsée par les acteurs de terrain. Toutes deux se rencontrent dans la dynamique des expérimentations qui caractérise le secteur, particulièrement vivace ces dernières années.
A la veille du troisième Plan cancer, qui devra être placé sous le signe du décloisonnement, le groupe 2LS propose un certain nombre de mesures.
Tout d’abord, mettre en place des « réunions de concertation hôpital-ville » qui associeraient le médecin traitant à la prise en charge hospitalière, améliorant ainsi la phase de retour à domicile. Les professionnels hospitaliers et libéraux amenés à suivre le patient (médecin, pharmacien, infirmier) se réuniraient par téléconférence, afin de faire le point sur les besoins du patient et d’organiser un « passage de relais » entre l’hôpital et la ville. Ensuite, renforcer l’implication des professionnels libéraux ambulatoires, grâce à la formation et l’information. La réussite de la coordination hôpital-ville dépend aussi, et surtout, de cette implication, d’autant plus difficile à mettre en place que le quotidien de ces professionnels est déjà chargé. Or tant qu’ils ne seront pas formés ni informés sur la prise en charge et le suivi des malades chroniques, leur implication fera défaut.
Enfin, élargir l’usage du parcours personnalisé des patients (PPP). Le deuxième Plan cancer (2009-2013) prévoyait d’expérimenter un programme personnalisé de l’après-cancer (PPAC). Sur les 35 sites-pilotes, le taux de satisfaction des malades approche 95 % du point de vue de la confiance, et 90 % pour la prise en compte de la composante sociale. Les professionnels hospitaliers soulignent également de meilleures relations interdisciplinaires et une dynamique d’équipe. Que demander de plus ?
Le rapport « Vernant » fait écho à ces mesures, en proposant que la participation des médecins traitants aux réunions de concertation pluridisciplinaires soit reconnue comme contribution au développement professionnel continu (DPC). Gageons maintenant que ces éléments figurent dans le troisième Plan cancer.

(1) Créé en 2011 par l’agence Nile, avec le soutien institutionnel de Pfizer, le groupe 2LS « pour le passage d’une logique de structure à une logique de soins » réunit des expertises pluridisciplinaires. Professionnels de santé, élus, institutionnels, industriels, assureurs complémentaires, malades et associations de malades échangent afin d’apporter des réponses aux ruptures observées dans la coordination hôpital-ville. Pour plus d’informations, Nile , tél. : 01 40 46 78 00 ou aldric.evain@nile-consulting.eu

Note (01)

Recommandations pour le troisième Plan cancer, rapport remis à la ministre des Affaires sociales et de la santé et à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, juillet 2013. - Retourner au texte

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