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Santé | 14/09/2020

En Pays de la Loire, l’exercice coordonné des équipes de soins en mode souple

par Christelle Destombes
Médecin stéthoscope © Denys-Prykhodov-AdobeStock

En Pays de la Loire, les équipes de soins primaires coordonnées localement autour du patient sont expérimentées depuis deux ans. Avec un modèle souple laissant une large initiative aux acteurs.

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Les équipes de soins primaires, introduites par la loi Santé de 2016, sont un ensemble de professionnels de santé autour d’un généraliste, choisissant d’assurer leurs activités de soins de premier recours sur la base d’un projet de santé. L’union régionale des professionnels de santé (URPS) médecins libéraux des Pays de la Loire et l’URPS des infirmiers ont imaginé ensemble un dispositif plus souple que les maisons de santé, en lien avec l’ARS : expérimentées depuis 2018, les équipes de soins primaires coordonnées localement autour du patient (ESP Clap) sont une première marche vers l’exercice coordonné, que la mesure 25 du Ségur entend généraliser (1).

Financer des actions hors nomenclature

Marine Rossignol a été recrutée par les URPS sur des fonds ARS en tant que chargée de mission pour modéliser le dispositif. « Le modèle devait être souple, ne nécessitant pas de structuration juridique pour les professionnels qui souhaitent réaliser des actions de coordination », explique-t-elle.

Autour de deux professionnels de santé dont un médecin généraliste, l’équipe se coordonne autour d’une patientèle commune sur la base de thématiques choisies. Un projet de santé est rédigé, avec l’aide de l’association ESP Clap, créée en 2018, autour de quatre actions prédéfinies : réunions de concertation pluriprofessionnelles sans patient, pour améliorer les pratiques et la prise en charge, réunions de concertation pluriprofessionnelles en présence du patient, plans personnalisés de santé pour accompagner les situations complexes et protocoles pluriprofessionnels.

« Ils permettent de financer des actions hors nomenclature, qui améliorent la prise en charge : consultation diététique, d’ergothérapeute, temps d’informations aux patients… », précise Marine Rossignol. Des actions d’éducation thérapeutique peuvent être menées, quand les ESP se constituent en association pour pouvoir répondre à des appels à projets. Chaque équipe dispose d’un budget de 10 000 euros par an pour mener ces actions.

Aujourd’hui, 51 équipes, constituées contre toute attente d’une dizaine de professionnels de santé, couvrent la région. Le seul prérequis : une messagerie sécurisée en santé. Une évaluation en interne montre « un réel intérêt des professionnels pour ce dispositif facile à mettre en œuvre. La plus-value, c’est le fait de formaliser et valoriser une coordination souvent déjà pratiquée », souligne Marine Rossignol.

Évaluations des soins

Côté patient, le sentiment d’être pris en charge par une équipe entière, qui peut solliciter l’intervention des Clic. Toutes les URPS locales ont rejoint l’association et sont membres de son conseil d’administration. L’association fournit des outils clés en main (trames de projets de santé, protocoles, comptes rendus) et accompagne les équipes dans la construction de leurs actions. Sont attendues deux évaluations, l’une qualitative par un auditeur externe, l’autre quantitative par le département de médecine générale de l’université de Nantes et les données de l’assurance-maladie, pour espérer pérenniser le dispositif.

© C. de SEPMStéphanie Vilain, infirmière dans la Sarthe, secrétaire de l’association

L’ESP Clap est une valeur ajoutée au travail quotidien

« Dans ma commune de 1 700 habitants, un projet immobilier de MSP, porté par les élus, n’avait pas convaincu les professionnels. ESP Clap permet de rester dans nos murs et d’initier une démarche de travail collectif. De cinq il y a deux ans, l’équipe compte quinze professionnels, agrégés au fur et à mesure des projets. Nous avons convenu d’un créneau pour joindre les médecins, défini un temps de réunion mensuel, protocolisé des parcours pour les patients complexes, suivis à l’hôpital par plusieurs spécialistes qui ne communiquent pas entre eux et pas forcément avec le médecin traitant. Le centre hospitalier nous identifie comme un interlocuteur et nous a intégrés à des groupes de travail… L’ESP Clap est une valeur ajoutée au travail quotidien. Tout est devenu plus facile : faire reconsulter un patient, partager des patients lourds sur plusieurs cabinets infirmiers… L’ESP a permis l’installation de deux médecins ces dix-huit derniers mois, qui voulaient travailler seuls, mais en pluriprofessionnel. »

Note (01)

Elle prévoit de « conforter les équipes de soins (primaires et spécialisées) en les dotant d’un cadre et de missions formalisés ». - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • ESP Clap, association créée en 2018 pour accompagner des dynamiques pluriprofessionnelles formalisées sur des territoires sous-dotés en offre de soins.
  • Financement ARS des Pays de la Loire : (202 000 € en 2019 pour l’indemnisation des ESP Clap), 10 000 € par an et par équipe.
  • 1re équipe reconnue en avril 2018, 51 aujourd’hui, regroupant 500 professionnels.
  • Membres de l’association : les URPS des Pays de la Loire et les professionnels de santé libéraux membres d’ESP Clap.
  • Expérimentation en cours de déploiement en Centre Val de Loire.
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