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Crise sanitaire | 10/11/2020

Covid-19, personnes en situation de handicap et aidants : les mesures de la deuxième vague

par Nathalie Levray
handicap covid masque © Jordi_Mora-AdobeStock

À la veille de Conférence interministérielle du handicap et de l’ouverture de la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées, Sophie Cluzel a détaillé, lors d’une conférence de presse, les mesures prises après une semaine de confinement et relatives au suivi et à l’accompagnement, à l’accès aux soins, à l’emploi et au travail des personnes en situation de handicap. Alors qu’on note une augmentation des cas les touchant, le mot d’ordre est le maintien de l’ouverture de tous établissements et services médico-sociaux. Des dérogations spécifiques, notamment pour les déplacements et le port du masque, sont prévues.

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Le 6 novembre dernier, Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées, recevait la presse en visioconférence pour présenter le point d’étape sur les mesures prises par le Gouvernement en faveur des personnes handicapées dans le contexte de la deuxième vague de l’épidémie et d’une première semaine reconfinée. Elle a affirmé « le soutien du Gouvernement aux personnes, à leurs proches aidants, ainsi qu’à tous les soignants et les accompagnants, les personnels hospitaliers, les professionnels du médico-social et de l’aide à domicile, les associations ». À cette occasion, elle a confirmé que « la Conférence interministérielle du handicap est maintenue ». Celle-ci aura donc lieu le lundi 16 novembre au matin.

Continuité de l’accompagnement dans les ESMS

La secrétaire d’État a insisté : « tout était fait pour éviter les ruptures dans les parcours et garantir la continuité de l’accompagnement dans cette situation de crise ». Les professionnels du médico-social peuvent ainsi continuer à exercer, dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS) ou à domicile. « Un point régulier est réalisé avec les acteurs de terrain des services d’aide à domicile et Brigitte Bourguignon [ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de l'Autonomie, ndlr], avec une vigilance particulière sur la question de l’approvisionnement en équipement de protection individuel », a précisé Sophie Cluzel.

Contrairement au premier confinement qui avait donné lieu à la fermeture des lieux d’accueil, à la suspension du travail réalisé par les professionnels auprès de leur usagers et patients et à la perte d’acquis, ce deuxième confinement voit rester ouverts les ESMS pour enfants et pour adultes, y compris les centres de réadaptation, les accueils de jour et les plateformes de répit, ainsi que les maisons départementales des personnes handicapées. « Les règles de fonctionnement des commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) seront simplifiées », a assuré Sophie Cluzel.

Maintenu aussi, le droit de visite dans les ESMS est encadré et organisé sur rendez-vous. De même, les personnes hébergées en structures auront la possibilité de rentrer chez elles le week-end, si aucun cas de Covid-19 avéré n’est présent dans l’établissement ou la famille, pour « maintenir le lien avec les familles ».

Covid : réactions locales au cas par cas

« Les règles sanitaires seront renforcées avec un protocole qui sera communiqué prochainement ». Sophie Cluzel a reconnu « une augmentation du nombre de cas depuis quelques jours ». Les chiffres des cas survenus dans les établissements ne sont pas rassurants. Sur les sept derniers jours, il a été décompté « 3 789 nouveaux cas de Covid-19 (1,55 % des personnes contaminées) et 18 décès » dans les 11 250 établissements et services recevant quelque 250 000 personnes handicapées.

Interrogée sur des mesures plus restrictives à prendre, elle a indiqué « agir au cas par cas en coopération avec les conseils départementaux, les agences régionales de santé et l’association des départements de France. S’il y a un foyer important, la réaction sera locale ».

Accès aux soins

Alors qu’au cours de la première vague, certains professionnels avaient dénoncé l’absence de place à l’hôpital pour leur patient handicapé, Sophie Cluzel s’est montrée ferme sur la question : « le handicap ne peut pas être un critère de refus de soins qu’il s’agisse d’hospitalisation ou de réanimation ». Les établissements doivent se coordonner et « l’accès aux soins en santé mentale est à préserver », a-t-elle déclaré. Une filière d’admission directe des personnes handicapées vieillissantes dans les établissements de santé est également en cours d’organisation.

Un référent « handicap » sera déployé dans chaque centre hospitalier universitaire, ainsi qu’au centre d’appel du 15 et du 114 afin d’évaluer la prise en charge des personnes atteintes de handicap et leur assurer les mêmes soins qu’à l’ensemble de la population. « Des fiches réflexes, élaborées avec les associations, pour prendre en compte les fragilités de chacun, seront transmises », poursuit-elle, et, « dans la mesure du possible et dans les strictes conditions de sécurité fixées par l’établissement de santé », la présence d’un aidant aux côtés des personnes sera acceptée.

La secrétaire a en outre rappelé le numéro unique d’appel (0 800 360 360) pour faire face aux interrogations spécifiques des personnes et de leurs aidants dans des situations compliquées.

Maintien et accès à l’emploi

Alors que débute, le 16 novembre, la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées (jusqu’au 22 novembre) avec en point d’orgue, le 19, la 3e édition du DuoDay – création d’un « duo entre une personne en situation de handicap et un collaborateur d’une entreprise privée ou publique pour passer la journée ensemble dans l’entreprise » –, la secrétaire d’État a fait le point des mesures en matière d’emploi. Comme pour tout travailleur, le télétravail est à privilégier. Les établissements et services d’aide par le travail (Esat) ainsi que les entreprises adaptées restent ouverts, sauf fermeture administrative notamment dans le secteur de la restauration. Les personnes à risques continuent à bénéficier du chômage partiel et les travailleurs handicapés vulnérables en Esat pourront obtenir des indemnités journalières dérogatoires avec garantie de rémunération.

Les mesures exceptionnelles prises par l’Agefiph pour protéger l’emploi des personnes pendant la crise sont prolongées jusqu’au 28 février 2021. Outre l’octroi de financement pour la fourniture de masques inclusifs pour les salariés handicapés et leurs collègues, des aides sont disponibles pour l’adaptation des équipements nécessaires au travail à domicile.

L’État a prévu, dans le cadre du plan de relance, de « soutenir et dynamiser l’emploi des personnes handicapées ». 100 millions d’euros, dont 15 millions pour les entreprises adaptées, sont mobilisés avec une prime de 4 000 euros pour l’embauche d’une personne handicapée et entre 5 et 8 000 euros dans le cadre d’un contrat d’apprentissage.

Handicap : dérogations spécifiques pour les déplacements

Outre les cas de figure où les déplacements dérogatoires sont autorisés (travail, rendez-vous médical, assistance à un proche, courses, promenade), « des dérogations spécifiques pour les déplacements des personnes en situation de handicap et leurs aidants sont prévues », a confirmé la secrétaire d’État, annonçant par ailleurs la nouvelle dispense d’attestation de déplacement au profit des personnes malvoyantes et non voyantes.

Sur présentation d’un certificat médical, la dérogation pour port du masque, pour ceux qui ne sont pas en capacité de le porter, est maintenue, notamment pour les enfants handicapés dans les établissements scolaires. « La sensibilisation des forces de l’ordre à ces dérogations est assurée », selon le communiqué de presse.

Enfin, les personnes en situation de handicap pourront accéder, sur dérogation et en présentant une prescription médicale, aux équipements sportifs, en principe fermés.

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